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​Etre noir ou arabe empêche d’obtenir un emprunt bancaire





Une étude a été menée sur les influences des origines sur l’accès aux prêts bancaires par une association lyonnaise. Il apparait clairement que les femmes, les noirs et les arabes sont défavorisées.


ILD - Affiche ségrégation USA
ILD - Affiche ségrégation USA
Pour obtenir un prêt bancaire, il y a des données objectives et d’autres plus floues. Les revenus, l’endettement et la stabilité professionnelle sont objectifs, la couleur de peau ou une autre catégorie sociale ou ethnique visible, c’est plus subjectif. La question mérite donc d’être posée, être une femme, noir ou arabe rend-il plus difficile l’accès au prêt bancaire ? La réponse est oui, d’après une étude réalisée par une association de Villeurbanne, dans l’agglomération lyonnaise.
 
« Pour réaliser cette étude, commandée par la mairie de Villeurbanne à l'association ISM Corum, avec le soutien de l'État et du Défenseur des droits Jacques Toubon, 90 tests ont été effectués dans 63 agences bancaires de l'agglomération lyonnaise représentant 12 banques différentes parmi les connues. Elles ont été testées chacune pour l'obtention d'un prêt immobilier par deux primo-accédants, non-clients de la banque, de nationalité française, locataires dans le secteur social et ayant le même revenu. Seule différence entre les deux clients potentiels : l'un est d'origine supposée migratoire, l'autre pas » rapporte Le Point.
 
Ce n’est donc pas de la grande statistique avec des profils multiples présentés de manière variées, mais quand même, le résultat dit quelque chose. D’abord, l’homme identifié immédiatement comme d’origine arabe – maghrébine précise les responsables de l’étude – a plus de difficulté à obtenir un rendez-vous et se heurte même à cinq refus parce qu’il ne peut présenter sa carte d’identité. L’autre client mystère n’a jamais eu ce problème.
 
« À l'étape suivante, l'accueil réservé en agence diffère également d'un client à l'autre. « L'entretien a eu lieu debout, l'ambiance n'était pas à l'intimité, car les autres clients qui venaient à l'accueil suivaient notre conversation. Tout s'est passé rapidement, elle ne m'a pas laissé l'occasion de poser de questions », témoigne le testeur d'origine subsaharienne. Son homologue sans origine migratoire a, lui, obtenu un rendez-vous assis dans un bureau » explique l’article.

Pire, pour la négociation du prêt ou les simulations dans le cas d’un projet de création d’entreprise les différences de traitements sont flagrantes. «  Le client supposé sans origine migratoire s'est vu proposer un prêt au taux de 2,20 % sur une durée de 20 à 25 ans, alors que le client supposé d'origine subsaharienne a obtenu un taux de 2,8 % sur une période de 25 à 28 ans, mais pas sur 20 ans » explique un responsable de l’enquête. « Pour la création d'entreprise, les différences de traitement sont plus criantes encore. « Le créateur d'entreprise supposé d'origine maghrébine n'a jamais reçu de simulation de prêt, alors que le créateur supposé sans origine migratoire a accédé à ces informations dans la quasi-totalité des agences bancaires testées », révèle le directeur de l'étude » ajoute Le Point.