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Ban Ki-moon : chef d'orchestre discret à la tête de l'ONU.





Depuis deux mandats à la tête de l'Organisation des Nations Unies, Ban Ki-moon demeure une figure médiatique discrète, contrairement à son prédécesseur Kofi Annan. Est-ce la résultante d'une stratégie personnelle, comme il la conceptualise lui-même sous le terme de « diplomatie discrète », ou reste-t-il tout bonnement impuissant face à l'emprise du jeu des relations internationales ?


Ban Ki Moon - Crédit photo : World Economic Forum
Ban Ki Moon - Crédit photo : World Economic Forum

Un premier mandat marqué par une succession difficile.

Homme politique ayant évolué au sein de ministère des Affaires étrangères de la République de Corée, c'est en 1975 qu'il commence à travailler avec l’Organisation des Nations Unies en tant que fonctionnaire à la Division des Nations Unies du ministère des Affaires étrangères. En 2007, lorsqu'il est élu Secrétaire général des Nations Unies, il succède à Kofi Annan, personnalité charismatique. L'héritage est lourd, et on lui prête vite une certaine « transparence » médiatique, qui incombe pour partie à son précurseur.
 
En outre, si le rôle du Secrétaire général a vocation à « attirer l'attention du Conseil de sécurité sur toute affaire qui, à son avis, pourrait mettre en danger le maintien de la paix et de la sécurité internationales », cette définition laisse à disposition du diplomate une large gamme de moyens. M. Ban Ki-moon a donc souhaité se placer sur une stratégie sobre et des discours peu impliqués. Ce qu'il vante d'ailleurs en disant préférer l'action à la parole. Une personnalité ainsi tournée vers le consensus et la satisfaction de tous, un médiateur discret que les critiques fustigent par son manque de jugement.

La diplomatie discrète.

En souhaitant qualifier la globalité de ses actions sous le concept de diplomatie discrète, Ban Ki-moon désire avant tout se défendre des accusations portées sur son incapacité à porter des messages forts, mais aussi sur son prétendu silence. Dans une interview donnée à Rfi en juin 2011, le diplomate sud-coréen précise que ces attaques sont le fruit d'un profond malentendu et qu'il est parfaitement capable et compétent lorsqu'il s'agit de mener des conversations ardues à la fois en privé, mais aussi, et surtout en public. Car la principale formulée à l'encontre de Ban Ki-moon ne repose pas sur le travail de fond qu'il fournit, mais bien la notoriété, et par là même sur la visibilité qu'il confère à l'Organisation internationale. La justification du diplomate s'étoffe alors sur la voie de la diplomatie discrète, une communication en direction des dirigeants politiques auprès desquels il est, affirme-t-il, en très bons termes. Un point véridique : l’on peut comprendre que dénoncer s’avère bien souvent contre-productif, car s’il est toujours possible de le faire, l'ONU risque de couper nombre de relations diplomatiques et brouiller l'avancée de possibles négociations.
 
Néanmoins, si les reproches sur son mode d'action sont stériles, ceux sur son silence le sont moins. À la fin de son premier mandat, on lui a notamment reproché son inaction face aux répressions de dissidents et intellectuels en Chine (particulièrement le cas de la disparition de l’artiste Ai Weiwei), reproches que l'on peut étendre à l'ensemble du monde asiatique dans sa globalité, puisqu'il ne s'est que rarement positionné à ce sujet (échec de négociations en Birmanie et au Sri Lanka, en 2009). Enfin, on pourrait citer l'échec des négociations sur le climat, du Canada au Qatar, qui, si elles sont le fait d'intérêts plus difficilement contrôlables, représentait un des points sur lesquels Ban Ki-moon s'était engagé lors de sa prise de fonction.
 
Pour autant, cela traduit-il l'échec de la « diplomatie des coulisses » cher à Ban Ki-moon ?

Des actions un peu plus engagées.

Lorsqu'il obtient un second mandat (2012) à la tête de l'Organisation des Nations Unies, il sait que, selon la coutume, il ne se représentera pas. Cela le libère de la pression de la réélection et il se pourrait que cela s’en ressente dans l’exercice de son mandat.
 
En Côte d'Ivoire, le Secrétaire a soutenu Alassane Ouattara et favorisé la présence des forces de l'ONU pour accélérer la crise post-éléctorale. De plus, lors des révoltes du Printemps arabe, il prend une position un peu plus appuyée en dénonçant les répressions au Bahreïn, au Yémen et en Libye. Très récemment, il évoque la situation de la Syrie comme présentant des conséquences que le monde regarde avec horreur. Ajoutant que « les autorités syriennes ont répondu de la manière la plus brutale ».
 
Le 02 avril 2013, à la suite de la déclaration de l'état de guerre par la République populaire démocratique de Corée, Ban Ki-moon mentionne que les « menaces nucléaires ne sont pas un jeu […] Les choses doivent être calmées », évoquant une rhétorique agressive et des gesticulations militaires contre-productives. Cette récente prise de position augure-t-elle une suite dans la teneur des discours ?