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Beezik se retire de la toile





Un acteur très apprécié de l'univers de la musique en ligne a mis un terme à ses services durant le deuxième trimestre 2013. Beezik, le portail français du téléchargement légal et gratuit, met la clé sous la porte, laissant un vide certain pour ses millions d'utilisateurs.


Beezik se retire de la toile

Beezik, un concept original

Dans l'Hexagone, les internautes ont eu l'occasion de disposer du service très intéressant mis en place par Beezik. L'aventure débute en 2009 pour ses créateurs, quand le site se lance dans le marché très disputé de la musique en ligne. Afin de s'imposer par rapport à ses nombreux concurrents, le concept de ce nouveau venu est alors original. Les membres de Beezik peuvent en effet télécharger gratuitement et légalement des morceaux via le portail. En contrepartie, il suffit à ses utilisateurs de visionner une vidéo publicitaire parmi la dizaine proposée par le site. Ce système, unique sur la toile, ne déplait pas aux internautes et ses effets ne tardent pas à apparaître. De plus en plus de membres souscrivent alors à ce service innovant.

Les internautes répondent à l'appel

En 2013, peu avant la fermeture du site, plus de trois millions de comptes sont ainsi enregistrés sur le portail. Conserver la faveur des utilisateurs n'a pourtant pas été une mince affaire pour Beezik, et les signatures de conventions avec les plus grands labels ont été indispensables tout au long de l'évolution du site. Il coopère alors tour à tour avec des majors comme Universal, EMI, ou encore Sony Music, ainsi que des labels indépendants tels que Idol, Pschent ou Believe Digital. L'année 2012 signe même une évolution majeure dans l'amélioration du service de Beezik : grâce à un accord trouvé avec Warner, le catalogue musical proposé aux utilisateurs s'élargit pour atteindre désormais 8 millions de titres. Le concept s'impose alors comme une référence sur la toile, et son avenir est dès lors promis à des lendemains encore plus prometteurs.

BeeAd fusionne avec eBuzzing

Une opération d'envergure est pourtant réalisée en 2012 par le groupe spécialisé en marketing et publicité, eBuzzing. Ce dernier s'approprie en effet l'entreprise BeeAd elle-même derrière le service Beezik. Dès lors, les orientations fixées après la signature de ce partenariat stratégique sont attendues par les observateurs et les utilisateurs du site. Nombreux sont ceux qui interprètent cette association comme une opportunité idéale offerte au site de musique en ligne afin d'étendre ses services et, pourquoi pas, hors des frontières de l'Hexagone. Le parcours de Beezik prend cependant une tout autre tournure au premier trimestre 2013 : la fermeture du site est annoncée par les responsables. De nombreuses raisons sont évoquées par ces derniers pour justifier cette résolution.

Une internationalisation de Beezik non réalisable aujourd'hui

Portée davantage vers le rayonnement international de ses activités, la société mère eBuzzing a décidé de mettre un terme au service Beezik. Le site de téléchargement musical n'a jusqu'ici été opérationnel que pour les seuls internautes français, donc ne disposant finalement que d'une audience restreinte par rapport aux ambitions globales du groupe. Selon les évaluations des dirigeants d'eBuzzing, une internationalisation des services de Beezik nécessiterait par ailleurs la négociation de nouveaux accords sur les doits musicaux au niveau de chaque pays. Une telle procédure ne serait que trop coûteuse et surtout problématique pour eBuzzing, car les démarches peuvent être longues alors que les résultats ne sont pas toujours garantis.

BeeAd et eBuzzing préfèrent se consacrer au marché de la publicité

Pourtant, du point de vue de la rentabilité, Beezik présente un résultat équilibré. Par rapport à certains sites qui opèrent dans la musique en ligne, le bilan de ce portail tricolore n'est pas en recul. Beezik n'accusait effectivement aucune perte sur ses activités. Pour pouvoir prétendre à des gains, Beezik devait cependant songer à renégocier avec les labels, tout en envisageant de faire encore plus d'audience et de s'exporter. Les projections de ces responsables permettent de considérer finalement qu'en l'absence d'accords plus équilibrés entre leur société et les maisons de disques, la pérennité de Beezik aurait été de plus en plus menacée. Pour donner encore plus de crédit à sa stratégie, BeeAd avance qu'au niveau de son secteur de prédilection, le marché de la publicité en ligne, la compagnie a connu ces dernières années une croissance fulgurante. Avec un chiffre d'affaires de 40 millions d'euros en 2012, et une prévision de 60 millions en 2013, BeeAd tablait même alors une croissance à hauteur de 80 %. Pour le tandem eBuzzing et BeeAd, Beezik n'était finalement qu'un projet à trop faible marge de manœuvre pour être poursuivis.