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« Booktubeurs », les chroniqueurs littéraires 2.0





Dans le milieu très fermé de l’édition, les « booktubeurs » font bouger les lignes. Critiques amateurs, ils postent leurs vidéos sur Internet et touchent souvent des milliers de fans.


Malorie Duns
Malorie Duns
Elle s’appelle Marine, alias Tartinneauxpommes. Particularité : sur YouTube, elle a près de 5 000 abonnés. Elle est la parfaite incarnation de ce qu’on appelle dans le jargon, les « booktubeurs ». Marine est une youtubeuse qui s’est improvisée critique littéraire. On pourrait aussi citer Malorie, alias Malorie Duns Books sur BookTube et ses 8 354 abonnés, précise le magazine professionnel Livres-Hebdo, Margaud Liseuse et ses 17 285 abonnés, Nine et Les lectures de Nine… Dans un milieu très fermé, les « booktubeurs » comme on les appelle, mot hybride entre book et youtubeur, font bouger les lignes : souvent jeunes et passionnés de littérature, ils filment leurs critiques et les postent sur Internet. Au passage, ces blogueurs littéraires modifient la façon habituelle dont on fait la promotion d’un livre. Ils abordent aussi la lecture différemment.
 
Ces « booktubeurs », chroniqueurs littéraires 2.0 appartiennent à une vraie communauté. Ils s’expriment sur YouTube, et plus précisément sur BookTube, une chaîne inhérente et dédiée. Ils lisent et rendent compte de leurs lectures par le biais de vidéos, souvent suivies par des milliers d’abonnés dont les commentaires sont encore plus nombreux. Comme souvent, le mouvement vient des États-Unis où certains « booktubeurs » sont de vraies stars du Net et de l’édition. En France, le courant a émergé il y a un peu moins de deux ans. Il est principalement féminin : Nine, 19 000 abonnés, Justine, 15 000, Émilie, 7 000… Et les « booktubeuses » sont jeunes, âgées de 15 à 25 ans en moyenne. Résultat, les chroniques, même si elles concernent parfois des livres de littérature générale, sont le plus souvent thématiques : romans jeunesse ou jeunes adultes, young adult, fantasy ou science-fiction. Des domaines que les médias classiques ont tendance à délaisser.
 
Les « booktubeurs » surfent sur la vague du partage. Surtout, ils déringardisent la littérature souvent considérée comme telle par les jeunes. La vidéo est une façon attractive et moderne de parler de ses lectures. Du coup, ils sont de gros prescripteurs. « Les éditeurs ne peuvent ignorer le potentiel commercial de ces promoteurs 2.0 du livre », rapporte Livres-Hebdo. Du coup, des partenariats naissent entre ces acteurs prescripteurs et certains éditeurs traditionnels comme Denoël, Hugo & Cie, Milady, entre autres. Et de plus en plus, ce sont les éditeurs qui sollicitent et viennent chercher les « booktubeurs ». Ces derniers sont parfois submergés de PAL, la « pile à lire », ou de PALM, la « pile à lire mensuelle » ! Et s'ils donnent envie de lire, la Palme, ils l'ont !