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Cité de la gastronomie : une pomme de discorde en 2013





À la grande indignation des maires respectifs, les ministres de l'Agriculture, de la Culture et de l'Agroalimentaire ont tranché : la Cité de la gastronomie ne sera ni lyonnaise ni beaunoise. Mises sur la touche au profit de Tours, Paris-Rungis et Dijon, Beaune et Lyon ne réuniraient pas les critères requis pour représenter l'art culinaire français dans toute son authenticité. Les réactions sont poignantes, la polémique fuse et le président de la Mission française du patrimoine et des cultures alimentaires va même jusqu'à dire qu'aucune ville ne mériterait le titre tant convoité de Cité gastronomique.


Cité de la gastronomie : une pomme de discorde en 2013

Lyon vouée à l'échec

Pour le Lyonnais lambda, l'échec de sa ville semble mystérieux. Riche de traditions culinaires hors pair, le chef-lieu du département du Rhône a pourtant été brutalement écarté de la course selon de nombreux avis. Les acteurs du projet voient pourtant en ces résultats le fruit d'une logique imparable. La ville de Lyon n'a pas été sélectionnée pour être la pionnière de la gastronomie en France pour cause d'un manque de persévérance dans la manière de séduire le jury. Son retard sur le dépôt de candidature constituait déjà au départ un lourd handicap lorsqu'au mois de mai 2012, Beaune, Dijon et Tours avaient, depuis plusieurs jours, rempli les formulaires afférents auprès de la Mission française du patrimoine et des cultures alimentaires, la MFPCA.

Gérard Collomb est clairement pointé du doigt par les experts de cet évènement. Le maire de Lyon n'aurait manifesté aucune réaction positive et aucune publicité n'a été organisée pour promouvoir la candidature de la cité. L'un de ses adjoints confirme les rumeurs en accusant les sélectionneurs de n'avoir jamais considéré les nombreuses candidatures de Lyon à des compétitions internationales. Le fait que la « ville des lumières » n'ait pas été élue comme Capitale européenne de la culture en est un exemple bouleversant. Les premiers responsables de la ville avaient pourtant remué ciel et terre pour promouvoir son postulat. De multiples conférences de presse aux nombreuses publicités, tout était mis en œuvre pour que Lyon soit en tête de liste. La déception est telle qu'afin de ne pas revivre le même épisode, Gérard Collomb a préféré rester dans l'ombre. D'ailleurs, Lyon n'a nul besoin d'intégrer des événements particuliers pour maintenir sa situation économique plutôt prospère, selon toujours les porte-paroles de la mairie.

Éviction de Beaune : un choix surprenant selon les avis

Au cœur du département de la Côte d'Or en Bourgogne, Beaune semblait disposer de tous les atouts pour optimiser ses chances de gagner cette course à la Cité gastronomique. Malgré ses ambitions à l'échelle internationale, la Ville fleurie n’a pas fait l'unanimité auprès des organisateurs. Dans son communiqué publié en janvier 2013, Alain Suguenot, député UMP dans la circonscription de la Côte-d'Or, se dit profondément attristé par cette nouvelle. La capitale des vins de Bourgogne n'a pourtant rien à envier à ses concurrentes en matière de culture, d'économie et de savoir-faire culinaire. Les règles du jeu auraient en effet changé en cours de route selon les affirmations d'Alain Suguenot. Les ministres qui se disent favorables à l'instauration d'un réseau de Cités gastronomiques n'auraient pas précisé cette information au tout début de la compétition. Le cahier des charges distribué aux acteurs respectifs n'aurait pas mentionné cet élément. Si le projet devait pourtant mettre en place un réseau de villes, Beaune aurait toutes ses chances. Selon Alain Suguenot, elle reste la seule cité candidate spécialisée dans la production viticole parmi toutes les villes présentées. Le vin produit est le fin du fin, réputé mondialement pour son goût raffiné et sa variété de couleurs. Bien que Beaune soit ouverte à divers projets de réhabilitation, son dossier est resté difficilement considérable. D'après toujours les dires du député UMP, les décisions gouvernementales tendent à croire que les petites villes n'ont pas leur place dans cet univers délicat de la Cité gastronomique.

La MFPCA se justifie

Questionné par la presse, Jean-Robert Pitte, président de la Mission française du patrimoine et des cultures alimentaires, donne son avis sur l'état des lieux. Selon lui, une dispersion des sites sur les réseaux de villes dont Tours, Paris-Rungis et Dijon était nécessaire, car aucune ville à part entière n'était à même de répondre à toutes les exigences requises pour devenir la Cité de la gastronomie, tant en matière d'infrastructure d'accueil que de situation financière et de richesses culturelles et scientifiques. D'après les résultats des analyses effectuées par la Mission, Beaune manquait nettement de moyens financiers. Qui plus est, la ville ne dispose d'aucun lieu unique en centre-ville capable de la démarquer des autres localités de la Bourgogne sur le plan architectural. Son projet était ainsi cantonné au niveau régional.

Toujours selon les affirmations de Jean-Robert Pitte, Lyon était d'emblée écartée de la course, car elle ne prenait pas assez au sérieux le concours. Bien que la ville soit prestigieuse à plusieurs titres, son engagement s'avérait insuffisant. La ville ne proposait par exemple que 4 000 mètres carrés de superficie sur le territoire des hospices civils contre une capacité de 54 000 mètres carrés. Jean-Robert Pitte rajoute que les projets lyonnais n'avaient aucun rapport avec la thématique de la Cité gastronomique. Le prochain salon de l'Agriculture précisera ainsi le rôle à tenir pour chaque ville choisie. Le premier événement relatif à l'élection de la Cité gastronomique mondiale aura lieu courant 2015 avant l'exposition universelle de Milan qui aura pour thème « nourrir le monde ».