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Crise de l'attention





Après le succès planétaire de son « Éloge du carburateur », le philosophe américain Matthew B. Crawford revient avec « Contact ». Un essai sur l’attention, ou plutôt, sur le défaut d’attention.


Crise de l'attention
Matthew B. Crawford est un personnage. Le philosophe américain a en effet abandonné une carrière prestigieuse pour devenir mécanicien et réparateur de motos. Ceci dit, il n’y a pas de sous-métier. Et de cette expérience hors du commun, il a tiré un livre qui a fait le tout du monde, Éloge du carburateur qui sort aujourd’hui en poche à La Découverte. Dans cet essai devenu culte, il explore l’importance fondamentale du travail manuel. À partir de son étonnante reconversion professionnelle, il livre dans Éloge du carburateur, une réflexion d’une extrême finesse sur le sens et la valeur du travail dans les sociétés occidentales.
 
Aujourd’hui, Matthew Crawford, philosophe-mécanicien et chercheur à l’Institute for Advanced Studies in Culture à l’Université de Virginie, revient avec Contact. Un ouvrage dans lequel il s’interroge sur la fragmentation de notre vie mentale. Il a donc écrit un ouvrage sur l'attention, ou plutôt, sur le déficit de l'attention, mal de l'époque. Histoire de remettre le quidam moyen en contact avec le monde. C’est de cela dont il s’agit. Dénoncer notre cerveau qui s’éparpille et part dans tous les sens : « ombres errantes dans la caverne du virtuel, hédonistes abstraits fuyant les aspérités du monde, nous dérivons à la recherche d’un confort désincarné et d’une autonomie infantile, à la merci des exploiteurs de « temps de cerveau disponible. »
 
Matthew Crawford illustre par des exemples frappants l’idée que notre civilisation est en proie à une véritable « crise de l’attention. » Crise qu’il explore sous toutes les coutures et avec un humour cinglant. Il a recours à l’analyse philosophique mais aussi à des récits d’expérience vécue. Il met ainsi au jour les racines culturelles d’une conception abstraite et réductrice de la liberté qui facilite la manipulation marchande de nos choix et provoque la perte de notre rapport au monde. En Anglais, on dit eye contact. C’est un peu de cela dont il s’agit, mais encore plus :  d’un contact global où tout l’être est concentré.

Contact, Matthew B. Crawford, (La Découverte).