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J.M. Weston, 120 années de chaussures françaises





Déjà plus de 120 ans de présence pour J.M. Weston, ce grand nom de la chaussure made in France. Figure emblématique du savoir-faire tricolore, cette marque réputée a traversé l'histoire pour demeurer aujourd’hui une enseigne respectée et surtout très prisée. Après de multiples bouleversements, J.M. Weston s'est transformé en un véritable spécialiste de la chaussure avec l'ouverture d'une quarantaine de succursales aux quatre coins du globe tout en étendant son domaine d'activités dans d'autres secteurs connexes. Cette expansion planétaire et les différentes innovations techniques actuelles n'ont pas empêché ce prestigieux fabricant de chaussures de conserver sa marque de fabrique. Un procédé hérité des toutes premières heures qui fait de ses produits une véritable apologie du luxe, de la qualité et de la solidité.


Logo J.M. Weston - (c) J.M. Weston
Logo J.M. Weston - (c) J.M. Weston

1891, les débuts à Limoges

Malgré son patronyme qui fait penser à une marque d'origine anglo-saxonne, J.M. Weston est bel et bien une enseigne tricolore qui a fait ses débuts dans la cité de Limoges, c'était alors en 1891. La première page de cette longue et riche histoire a dans un premier temps été écrite par Édouard Blanchard, chausseur de métier et spécialiste dans la fabrication de bottes. Il fonde à Limoges une petite manufacture dont la création et la confection de chaussure sont la principale activité. Une quinzaine d'années plus tard, le temps est à l'extension et à l'innovation des techniques de fabrication. Ainsi, en 1904, le fils d'Édouard Blanchard décide d’acquérir des procédés pratiqués sous d'autres cieux. Eugène Blanchard débarque ainsi aux États-Unis, et découvre dans la ville de Weston, dans le Massachusetts, une merveilleuse recette qui aujourd'hui est encore sa botte secrète.

Une précieuse technique synonyme d'esthétisme, de solidité et de qualité

Quelques années après, de retour dans la manufacture familiale et fort de cette nouvelle expérience, Eugène Blanchard met en application les nombreux enseignements acquis outre-Atlantique. La technique repose en fait sur celle des frères Goodyear, alors bottiers. Dénommée tout simplement « cousu Goodyear », elle consistait à ressemeler une chaussure grâce à la mise en place d'une lanière de cuir entre sa semelle et sa tige. Premier avantage de ce procédé : il n'est plus remarqué qu'une seule et unique couture sur tout son pourtour. Mis à part cet atout esthétique majeur, ce tout nouveau procédé confère également plus de solidité et d'endurance à la chaussure, des qualités très recherchées par les consommateurs de l'époque. Dès lors, place à une nouvelle page de l'histoire de la fabuleuse enseigne.

Le vent du succès dès les années 1920

Les années 1920 sont certainement marquées par un nouveau souffle dans le long parcours historique de J.M. Weston. Après la disparition de son père en 1919, Eugène Blanchard prend les rênes de l'entreprise en 1927 et il annonce la couleur avec déjà une foule d'idées en tête. Mis à part l'apport de la nouvelle technique acquise lors de son périple en Amérique, ce fils prodige va penser à rebaptiser la manufacture de son défunt père. Apparaît ainsi pour la première fois l'appellation J.M. Weston. Outre ces changements drastiques, une seule résolution allait désormais conduire les activités de cette entreprise nouvellement nommée : celle de se spécialiser uniquement dans la conception et la production de chaussures de luxe. Dans cette optique, l'ouverture d'une antenne à Paris est une priorité pour la toute jeune manufacture J.M. Weston, cela afin de faire connaître l'étendue de ses produits et son savoir-faire révolutionnaire. Ce qui fut chose faite avec l'inauguration d'une première boutique dans la capitale.

Une renommée mondiale et de nouvelles activités

L'adhésion de la clientèle aux produits J.M. Weston ne met pas longtemps à se dessiner : le succès aidant, une seconde boutique ouvre ses portes sur la plus belle avenue du monde peu après 1930. Par la suite, l'enseigne acquiert de plus en plus la faveur des consommateurs, grâce à la fabrication de diverses chaussures devenues incontournables. En 1974, une autre page de J.M. Weston s’écrit : le groupe EPI de la famille Descourt prend définitivement le contrôle de la griffe. Elle poursuit alors la vague du succès, puisqu’au début des années 80, l'enseigne s'agrandit en faisant l'acquisition de la tannerie Bastin & Fils. Les années 2000 sont encore marquées par des bouleversements chez J.M. Weston. Le design entre de plain-pied dans l'entreprise avec la collaboration pleine et entière de Michel Perry désormais à la direction artistique de l'enseigne. Depuis, ce designer met la main à la pâte pour l'élaboration des nouvelles collections J.M. Weston. En 2006, la société prend un nouveau tournant grâce à une extension des activités de la marque : des branches bagagerie et maroquinerie voient le jour chez J.M. Weston.

Aujourd'hui, la renommée nationale et surtout mondiale de J.M. Weston n'est plus à prouver. Grâce à ses produits de qualité, différents hommes d'État ainsi que de nombreuses figures, tant politiques, que sportives ou artistiques, ont été séduites par cette enseigne. Le prix Goncourt 1994 Didier Van Cauwelaert a même signé un livre retraçant l'itinéraire de cette petite manufacture tricolore devenue une référence internationale. Avec près de 25 représentations hors de France et une quinzaine dans l'Hexagone, la resplendissante histoire de J.M. Weston n'a pas encore écrit son dernier chapitre.