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Jean Hatzfeld revient au Rwanda





Dans cette Rentrée littéraire 2015, Jean Hatzfeld revient avec « Un papa de sang »
sur un de ses sujets de prédilection, le génocide rwandais. Glaçant et captivant.


Jean Hatzfeld revient au Rwanda
Récit glaçant, Un papa de sang figure pourtant dans la première sélection du Prix Goncourt 2015 qui a priori, récompense un roman. Mais peu importe, Jean Hatzfeld revient au meilleur de sa forme et de sa puissance narrative sur un des drames majeurs du siècle dernier, le génocide rwandais. Pour Jean Hatzfeld, c'est un sujet de prédilection. Après Une saison de machettes, paru en 2003 au Seuil, Un papa de sang est le cinquième livre de l'auteur sur le génocide des Tutsi perpétré au Rwanda en 1994.  « Ses séquelles, sa mémoire véhiculée par les rescapés, les tueurs et, aujourd'hui, par la deuxième génération, Un papa de sang marque à la fois une continuité et une nouvelle étape dans l’œuvre de l’écrivain », écrit Macha Séry dans Le Monde des Livres.
 
Pendant des années, Jean Hatzfeld s’est rendu au Rwanda pour tenter de comprendre cette tragédie incompréhensible. Dans Un papa de sang, il livre dans leur jus, avec cette façon de parler si particulière, « c’est risquant », « les avoisinants », le témoignage des enfants des tueurs ou des victimes. Les histoires, intenses et dramatiques se succèdent. Elles donnent à ce très beau « roman », des airs d'enquête. Jean Hatzfeld revient ainsi sur les collines de Nyamata, au bord des marais, vingt ans après le génocide. Il donne la parole non plus aux tueurs et aux rescapés dont les récits peuplaient ses précédents livres, mais à leurs enfants. Ils n’ont pas connu les machettes, mais ont grandi dans leur souvenir.
 
Ils s’appellent Consolée, Immaculée, Fabrice, ils sont lycéens, couturiers ou agriculteurs. Ils partagent le génocide en héritage, mais pas du tout la même histoire familiale. Dans ces familles décimées, certains ont grandi dans le silence et le mensonge, ont affronté les crachats sur le chemin de l’école. D’autres ont été confrontés aux troubles de comportement de leurs parents. Ils dansent ensemble, fréquentent les mêmes cafés Internet mais ne parviennent jamais à parler des fantômes qui ont hanté leur enfance. Leurs récits à la première personne, au phrasé et au vocabulaire métaphorique si particuliers, se mêlent aux chroniques de la vie de tous les jours dans les champs ou dans la grande rue. Tous sont à la recherche de la vérité, même si elle reste dure à dire.
 
Un papa de sang, Jean Hatzfeld. (Gallimard, Collection Blanche)