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L'épargne salariale : comment ça marche ?





L'épargne salariale est, de manière concrète, l'association financière des salariés aux résultats et performances économiques de leur entreprise. L'objectif est de placer une somme d'argent, puis d'en récupérer un bénéfice sur ceux engendrés par l'entreprise. Cela, en exerçant un droit de participation à la réussite en investissant pour cela une somme qui est ajoutée en plus du salaire classique, afin de se constituer un droit sur une part du bénéfice réalisé par l'entreprise. En outre, l'épargne salariale permet de bénéficier d'un droit d'intéressement, c'est-à-dire un complément collectif en supplément à la rémunération des salariés. Ce dernier varie en fonction des performances de l'entreprise et possède par conséquent un caractère aléatoire. Ces dispositions visent donc à combiner soutien à l'entreprise et rétribution pour l'employé.


L'épargne salariale : comment ça marche ?

Comment constituer une épargne salariale.

Cette épargne peut être constituée de deux manières différentes. Par la mise en place d'un PEE ou d'un Perco. Le premier, Plan d'épargne entreprise (PEE) permet d'épargner sur un moyen terme alors que le Perco ou Plan d'épargne pour la retraite collectif a une visée sur le long terme qui en pratique se joue davantage sur du moyen-long terme. Aujourd’hui 260 000 entreprises françaises proposent ces deux plans afin de permettre à tous les employés, qu'importe les niveaux hiérarchiques, de bénéficier d'une épargne. En outre, les sommes épargnées ne sont pas prises en compte dans le calcul de l’impôt sur le revenu.
 
L'intérêt de l'épargne salariale réside donc dans sa fructification. Les sommes sont alors investies dans des FCPE (Fonds Communs de Placement d'Entreprise) que le salarié choisit de placer sur l'un des trois types de FCPE risqués, ou non. Le premier, le FCPE monétaire est une valeur sûre et c'est pour cela qu'il est très courant. Ils sont rémunérés au taux du marché monétaire. Le second est représenté par les FCPE obligataires, un investissement dans les obligations donc. Ce placement de moyen terme est une valeur à faible risque et présentant une rémunération plus élevée que la première. Enfin, la troisième catégorie, les FCP en actions sont des placements investis en bourse et présentant ainsi un plus gros risque que les deux précédents, mais pouvant rapporter plus. Le choix à faire est alors en fonction du rapport coûts / avantages, les coûts étant calculés en terme de risques.

Les défis de l'épargne salariale.

Ce système d'épargne salariale représente donc non seulement un placement permettant une fructification de l'argent investi, mais aussi une source d'avantages financiers, fiscaux et sociaux. Cependant tout n'est pas rose dans ce système d'épargne.
 
D'abord, les dispositions sont entourées d'une complexité qui rebute souvent les petites et moyennes entreprises à s'engager dans cette voie. Il faudrait ainsi une simplification de son fonctionnement. Ensuite, l'épargne salariale créée pour être bloquée pendant 5 ans pour les PEE, et jusqu'à la retraite pour les Perco, est en réalité utilisée comme épargne à court ou moyen terme grâce à de nombreuses possibilités de déblocage exceptionnelles avant la limite (par exemple l'achat d'une maison ou le refoulement d'un endettement). Une mesure visant à intégrer l'achat d'une voiture neuve ou d'occasion dans cette liste est d'ailleurs proposée par Conseil national des professions de l’automobile (CNPA). Mais l'intégration d'un trop grand nombre d'exceptions ne risque-t-elle pas de couler le principe de l'épargne salariale ?
 
En outre, si jusqu'alors la fiscalité demeurait très légère afin de promouvoir son développement, on assiste à un alourdissement ces dernières années. Une telle tendance couperait l'efficacité du système, et surtout son attractivité. D'autant plus que cette épargne bénéficie aux salariés les plus modestes et reste souvent l'unique forme d'épargne à laquelle ils puissent accéder financièrement.

Une faible implication et des contours mal définis.

Seule une personne active sur trois bénéficierait d'une solution d'épargne salariale. Il s'agirait principalement d'employés des grandes entreprises, car seulement 16% des TPE/PME seraient équipées d'un tel dispositif. C'est pourtant au sein de ces petites structures qu'elle est la plus utile. Et avec près de 93,8 milliards d'encours, l'épargne salariale représente 3% du patrimoine financier de la population française. Une solution qui reste donc très marginale.
           
Le produit vendu se place donc en demi-teinte entre une épargne ayant pour vocation une utilisation sur le long terme, et un usage dans la pratique sur un court et moyen terme. Son inadéquation le rend alors inadapté à l'emploi qui en est fait. L'épargne salariale a malheureusement été mal définie mal expliquée. Et avec le ralentissement de la croissance économique, nombre d'entreprises se sentent prises à la gorge par le manque de flexibilité de ce système.
 
Mais peut-être qu'au-delà de la gratification financière, c'est la création d'un lien fort entre l'entreprise et les employés qui doit être évoqué afin de promouvoir cette épargne. Améliorer les conditions de travail par un sentiment d'appartenance à une même entité, un enjeu récurrent pour les entreprises.