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Le pouvoir d’agir





L’essai de Marie-Hélène Bacqué et de Carole Biewener sorti la semaine dernière à La Découverte, est une plongée dans le concept peu ou mal connu de « l’empowerment ».


Le pouvoir d’agir
Le pouvoir d’agir. C’est ainsi que l’on pourrait traduire le terme anglo-saxon d’empowerment. Cette notion, mise en avant dans les années 70 par des mouvements sociaux américains, est plus ou moins tombée dans l’oubli. Dans tous les cas, elle reste mal connue aujourd’hui. En revanche, on pourrait la remettre au goût du jour. C’est en substance ce que disent les auteurs, Marie-Hélène Bacqué, professeure d’études urbaines à l’université Paris-Ouest-Nanterre et Carole Biewener, professeure d’économie et d’études du genre au Simmons College de Boston : une somme utile pour ceux qui questionnent l’incapacité des politiques et des experts à répondre aux défis de notre époque troublée. Ceux également, qui s’interrogent sur la façon dont les citoyens peuvent construire des alternatives. À l’origine, le concept d’empowerment a découlé de ce questionnement

L’empowerment, soit le « pouvoir d’agir » des individus et des collectifs, est présent dans les États-Unis de l’après guerre. Les mouvements sociaux s’en emparent dans les années 70. Y compris certaines féministes défendant de nouvelles pratiques de développement dans les pays du Sud. Ce concept a connu depuis un énorme succès dans le monde anglophone. En revanche, il a percé plus récemment, dans les années 90, dans d’autres espaces culturels, dans les milieux du travail social, comme dans la littérature du management. Il est également présent dans les sphères sociales, intellectuelles et dans différents contextes politiques.
 
Pour s'y retrouver, ce livre synthétise la foisonnante littérature anglophone sur cette notion d’empowerment. Il retrace sa genèse, l’histoire de ses multiples variantes et celle des pratiques sociales qu’elles ont nourries. Des mouvements féministes du Nord et du Sud, jusqu’aux programmes de la Banque mondiale et de l’ONU, la notion est utilisée aussi bien dans une perspective radicale d’émancipation que pour conforter les visions néolibérales ou social-libérales. Défendant résolument sa version émancipatrice, les auteures en expliquent les limites, mais aussi son importance pour éclairer les débats contemporains sur la démocratie. Dans cet essai, elles clarifient les différentes visions et mettent en évidence ses enjeux.

L’empowerment, une pratique émancipatrice ? Marie-Hélène Bacqué et Carole Biewener, (La Découverte).