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Modérateur, chienne de vie





En octobre dernier, « Wired » a publié une enquête sur les conditions de travail éprouvantes des modérateurs - souvent Philippins – qui traitent les contenus postés chez les géants de l’Internet américain.


Modérateur, chienne de vie
Le papier s’appelle : «The Laborers Who Keep Dick Pics and Beheadings out of your Facebook Feed. » Il a été publié en octobre dernier dans Wired. Il raconte le quotidien à 7 000 kilomètres des États-Unis, de Philippins, qui chaque jour modèrent les messages postés sur les réseaux sociaux comme Facebook, YouTube et Twitter. Ainsi dans le bureau du TaskUs à Manille, aux Philippines, pour un maximum de 500 dollars par mois, des modérateurs, jusqu’à 100 000, passent au crible les contenus qui s'échangent dans les multinationales de la Tech aux États-Unis.
 
Selon Wired et les personnes concernées, ils retirent tout contenu et matériel offensifs. À la tâche, des armées de travailleurs protègent les utilisateurs : qu’ils ne tombent pas au détour d’une conversation, sur une vidéo porno hardcore ni sur des propos racistes, des appels au meurtre, pire, des décapitations de l'EI…
 
Le travail est éreintant tant les conditions de travail des modérateurs des réseaux sociaux sont intenses, brutes et frontales. Surtout, si les modérateurs protègent les internautes occidentaux, eux ne sont pas protégés : ils gèrent au quotidien, des atrocités, entre images de décapitation par exemple, que l’on dit nombreuses. Pourtant après la publication de l’enquête par Wired, il n’y a pas eu de réel débat en France, ni de prise de conscience.
 
Même, peut on lire sur le blog de L’Express Style : « Jane Stevenson, consultante britannique pour des entreprises soumises à un stress intense, compare les conditions de travail de ces modérateurs à ce que vivent des enquêteurs anti-terroristes… » Les modérateurs philippins en revanche, ne semblent pas être formés à la tâche, et encore moins débriefés comme les experts de l'anti-terrorisme. Beaucoup sont paraît-il traumatisés et souffrent de stress post-traumatique. On le serait à moins.