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Un emoji pour le dire





En quelques années, les emoji sont passés du simple clin d’œil à une façon de s’exprimer universelle. Toutefois, pour les spécialistes, ils ne constituent pas un vrai langage.


Un emoji pour le dire
C’est un signe. Et non des moindres. L’année dernière, pour les prestigieux dictionnaires Oxford, le mot de l’année était un emoji. Précisément, celui qui pleure de joie. Cette consécration arrive après de multiples applications diverses et variées. Pixels, le blog hébergé par Le Monde cite ainsi, « le roman Moby Dick entièrement traduit en emoji. » Des exemples, il y a en a des caisses, comme la musique classique retranscrite en emoji.
 
Toutes ces déclinaisons et simplement l’usage quotidien de ces icônes montrent à quel point elles se sont imposées dans la vie de tous les jours. Leur boum date de 2011, quand ces émoticônes ont été intégrés au clavier des iPhone, et deux ans plus tard, des appareils utilisant Android. Aujourd’hui, selon la linguiste Gretchen McCulloch, « 4,6 % des messages que nous échangeons en ligne en contiennent. » À tel point que beaucoup évoquent les emojis comme un « langage à part entière. »
 
Avec Ben Medlock, le cofondateur de Swiftkey, une application clavier pour smartphones, Gretchen McCulloch planche sur la question. Pour ce faire, il a mis à sa disposition « les millions de données dont il disposait sur l’usage des emoji par les utilisateurs de son service. » Le résultat de leurs travaux vient d’être présenté lors du Festival South by Southwest Interactive, qui se tenait depuis la semaine dernière à Austin, au Texas. SXSW est un Festival incontournable dédié aux nouvelles technologies.
 
Avec 70% des emoji qui traduisent une émotion positive, 15% un sentiment négatif, les emoji représentent une sorte de « miroir culturel » pour les personnes qui les utilisent, selon Ben Medlock, également diplômé de linguistique. Il explique : « Réfléchissons plutôt à la façon dont nous utilisons les réseaux sociaux : nos vies ne sont pas que du bonheur, mais nous voulons montrer une image positive au reste du monde. » Pour Gretchen McCulloch, « les emoji sont mignons, et exprimer sa tristesse avec un emoji, ça la rend mignonne, et on n’a pas forcément envie de faire ça. » Ah ? 
 
Pour autant, pour la linguiste, les emoji ne constituent pas un langage. L’explication est simple : « la raison pour laquelle certains pensent que c’est un langage est parce que les emoji ressemblent à des hiéroglyphes. Mais les hiéroglyphes sont très avancés. Même s’ils ressemblent à des petits dessins, ils contiennent de l’abstraction. Et l’abstraction est très importante dans le langage. » Pas assez abstraits les emoji donc, « pour en faire un langage, et encore moins un langage universel. » En réalité, et les travaux des linguistes vont dans ce sens : les emoji sont surtout une façon de « retranscrire des émotions. » Ce n’est pas un langage, mais « un complément au langage. » D'accord ?

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