91 % des Français veulent des promotions sur les produits sains

Neuf Français sur dix réclament davantage de promotions sur les produits bons pour la santé, mais les rayons de supermarchés continuent de privilégier les aliments trop gras, trop sucrés ou trop salés. Un paradoxe qui alimente le débat autour du pouvoir d’achat et des habitudes alimentaires.

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91 Pourcent Francais Veulent Plus Promotions Produits Sains
91 % des Français veulent des promotions sur les produits sains © www.nlto.fr

Le 9 septembre 2025, une enquête menée par Shopfully et OpinionWay a révélé l’ampleur du fossé entre attentes et réalité : 91 % des Français veulent plus de promotions sur les fruits, légumes et produits bio. Pourtant, les pratiques promotionnelles se concentrent encore largement sur les sodas, plats préparés ou confiseries.

Des promotions massivement orientées vers les produits transformés

Les chiffres confirment cette tendance. Selon Foodwatch, 66 % des promotions concernent des aliments trop gras, sucrés ou salés, contre seulement 12 % sur des produits sains. Le constat est partagé par 74 % des Français, qui estiment que cette politique contribue à la dégradation des habitudes alimentaires.

Les offres de type « 2+1 gratuit » ou les lots familiaux accentuent le phénomène. Elles poussent à l’achat de volumes supérieurs aux besoins réels, avec pour conséquence une consommation accrue de produits transformés. Dans un contexte où la prévention santé encourage la réduction du sucre, du sel et des graisses saturées, ce décalage soulève de plus en plus de critiques.

Pouvoir d’achat : une variable décisive

Le poids de l’inflation et la contraction du budget alimentaire expliquent en partie ces comportements. 76 % des Français reconnaissent acheter des produits en promotion qu’ils jugent eux-mêmes mauvais pour leur santé. Pour certains, le prix reste le critère déterminant, même si cela signifie céder à des offres moins équilibrées.

La fracture est nette selon les profils. Les jeunes adultes et les ménages modestes sont les plus exposés à ce compromis. À l’inverse, 40 % des seniors déclarent ne jamais céder aux promotions sur les produits jugés malsains. Cet écart générationnel traduit des priorités différentes : d’un côté la contrainte budgétaire, de l’autre la recherche de qualité nutritionnelle.

Les Français attendent un rééquilibrage des offres

L’attente est sans équivoque : 91 % souhaitent des promotions sur les produits bons pour la santé, et 88 % se disent favorables à une réorientation générale vers des aliments protecteurs. Fruits, légumes, légumineuses et produits bio apparaissent comme des priorités.

Plusieurs associations – parmi lesquelles Foodwatch, le Réseau Action Climat ou France Assos Santé – plaident pour un changement structurel. Leur proposition : fixer un seuil de 50 % des promotions sur des aliments sains et au moins 10 % sur des produits bio peu transformés. Ces objectifs, s’ils étaient respectés, modifieraient profondément l’équilibre de l’offre en supermarché.

Un enjeu à la croisée de la santé et de l’économie

Les promotions ne sont pas qu’un outil marketing : elles orientent directement les choix alimentaires. Pour les distributeurs, miser sur les produits transformés répond à une logique de marge et de volume. Mais cette stratégie pourrait devenir contre-productive si elle ne s’aligne pas sur les attentes sociétales. 90 % des Français considèrent que les enseignes ont un rôle essentiel pour favoriser une alimentation plus équilibrée.

Dans ce contexte, les supermarchés sont placés devant un dilemme : maintenir des politiques promotionnelles rentables à court terme, ou investir dans une réorientation vers des produits sains. Un choix stratégique qui pourrait peser autant sur la santé publique que sur la confiance des consommateurs.

Vers une régulation des promotions alimentaires ?

Face à ce décalage, la question d’une régulation plus stricte des promotions commence à émerger. Les associations de consommateurs demandent que la loi encadre mieux les pratiques commerciales, comme c’est déjà le cas pour l’alcool. Leur objectif : limiter les incitations à consommer des produits trop gras, trop sucrés ou trop salés, et encourager au contraire la mise en avant des fruits, légumes et produits bruts.

Pour l’heure, aucune mesure contraignante n’a été annoncée par les pouvoirs publics. Mais les chiffres relayés par Foodwatch et OpinionWay alimentent un débat de plus en plus pressant. Dans un contexte où l’alimentation est au cœur des préoccupations sanitaires et environnementales, la réorientation des promotions pourrait s’imposer comme un levier de politique publique. Si elle était actée, elle obligerait les distributeurs à revoir leurs stratégies commerciales et pourrait redéfinir en profondeur l’équilibre du marché alimentaire.

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