Fin du suspens, s’il y en avait un. Le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, a confirmé au micro de RTL ce lundi 2 décembre 2024 que l’ensemble de son groupe voterait la motion de censure avec la gauche si Michel Barnier venait à utiliser la 49.3 pour faire adopter le budget de la Sécurité sociale pour 2025.
Le RN vise la motion de censure dès 15 heures
La France pourrait ne plus avoir de gouvernement dès 15 heures. Jordan Bardella a confirmé l’intention du Rassemblement national de voter conjointement avec la gauche, une motion de censure si le Premier ministre venait à recourir à l’article 49.3 pour faire adopter le budget de la Sécurité sociale pour 2025 après sa dernière lecture prévue dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Pour Jordan Bardella, il est question de dénoncer un budget qui « fragilise le pouvoir d’achat des Français » et « ralentit l’activité économique ».
Sans équivoque, le président du parti a déclaré au micro de RTL que : « oui, c’est plié (…) le Rassemblement National actionnera le mécanisme du vote de la censure, sauf miracle de dernière minute ». Le RN, tout comme d’autres partis d’opposition, vilipende la réduction des remboursements de certains médicaments et l’absence de revalorisation significative des pensions de retraite.
Pression maximale sur Emmanuel Macron
Bien que le gouvernement ait concédé certains ajustements, comme l’abandon de la hausse des taxes sur l’électricité, ces gestes n’ont pas suffi à convaincre l’opposition. Jordan Bardella n’a pas manqué de critiqué la gestion de la crise par le président Emmanuel Macron, qu’il considère comme « le responsable de cette situation ». D’autre part, le « ministre du Budget, Laurent Saint-Martin s’est exprimé hier en indiquant que le gouvernement n’entendait plus bouger », pour reprendre les mots du président du RN, ce qui a renforcé la détermination de son groupe à soutenir la motion de censure.
Le recours au 49.3, attendu dans les prochaines heures, ouvrirait la voie à un vote sur la motion dès mercredi ou jeudi. Si elle est adoptée, le gouvernement Barnier pourrait être renversé, ce qui amènerait à de nouvelles élections législatives, et par conséquent, à une éventuelle nouvelle période d’incertitude politique.
Pour un scrutin à la proportionnelle
Dans ce contexte, Jordan Bardella s’est fait le porte-étendard d’une réforme institutionnelle majeure : celle de l’instauration d’un scrutin proportionnel.
Cette mesure, selon lui, permettrait une meilleure représentation des différentes forces politiques à l’Assemblée nationale et mettrait fin aux « majorités artificielles », aux alliances de circonstances, et surtout contre-nature qui se sont manifestées à l’occasion des dernières élections législatives de juillet 2024.








