La SNCF, à travers sa branche Fret SNCF, est engagée dans une procédure délicate avec Technis, un fournisseur suisse spécialisé dans la digitalisation des espaces physiques. Celui-ci l’accuse d’avoir déposé le même nom pour l’une de ses futures entités.
Un conflit sur fond de restructuration économique de Fret SNCF
La restructuration de Fret SNCF, annoncée dans le cadre d’un plan imposé par la Commission européenne, fait couler beaucoup d’encre. Prévue pour janvier 2025, cette réorganisation scindera la branche en deux nouvelles entités : Hexafret, dédiée au transport de marchandises, et Technis, responsable de la maintenance des locomotives. Ce dernier choix de nom a déclenché un conflit juridique avec une entreprise suisse portant le même nom, spécialisée dans la digitalisation des espaces physiques. Wiktor Bourée, fondateur de Technis Suisse, témoigne : « Je commence à recevoir des alertes Google avec le mot clé Technis qui ne concernent pas mon entreprise. Puis des clients me contactent, on n’a pas compris. »
Technis, fournisseur de la SNCF, revendique des droits internationaux sur cette marque, enregistrée en 2018. Cette proximité entre les deux activités pose un problème de confusion auprès des clients et partenaires. Arnaud Deplanque, directeur financier de Technis France, confirme : « Nos solutions sont utilisées par la SNCF pour la gestion des flux dans leurs gares, il est incompréhensible qu’ils aient choisi ce nom. » Les impacts ne sont pas que symboliques : la société suisse constate une baisse de son référencement en ligne et une perturbation de sa communication auprès de ses clients.
Des négociations qui restent au point mort
La SNCF, de son côté, défend sa démarche. Selon le groupe ferroviaire, l’appellation Technis a été validée par une agence de branding, qui aurait confirmé la disponibilité juridique du nom. Pourtant, Wiktor Bourée s’indigne de ce choix, rappelant les impacts stratégiques : « Nous ne lâcherons rien. Il y a des précédents de marques similaires, mais ici, le cas est unique, car on prend le nom d’un de ses fournisseurs. C’est cette proximité qui nous gêne ».
Ce litige intervient dans un contexte sensible pour la SNCF. La restructuration de Fret SNCF, marquée par des suppressions de postes et une pression accrue pour se conformer aux exigences européennes, suscite déjà des débats. En parallèle, Technis Suisse craint que son image ne soit associée aux difficultés économiques de Fret SNCF. « Des personnes commencent à me contacter en pensant que je fais du fret », déplore Bourée. Alors que la SNCF minimise les impacts et évoque la possibilité de coexistence entre les deux noms, les négociations restent au point mort. Ce blocage pourrait mener à un long bras de fer juridique, avec des conséquences coûteuses pour les deux parties.








