La rémunération des produits d’épargne réglementée connaît une révision à la baisse dès le 1ᵉʳ février 2025, conformément aux mécanismes d’indexation en vigueur. L’annonce officielle, publiée dans le Journal Officiel le 30 janvier 2025, confirme cette évolution qui touche directement des millions de détenteurs de livrets en France. L’inflation ayant marqué un ralentissement notable au second semestre de 2024, son impact sur la formule de calcul des taux était inévitable.
Le Livret A voit son rendement amputé de 0,6 point
Les épargnants français vont devoir se contenter d’un taux de 2,4 % sur leur Livret A, après une période prolongée de stabilité à 3 %. Cette réduction résulte d’une stricte application de la formule de calcul habituelle, qui repose sur la moyenne entre l’inflation hors tabac et les taux interbancaires. L’inflation mesurée sur les six derniers mois de 2024 s’est établie à 1,38 %, tandis que les taux interbancaires ont atteint 3,41 %. La pondération de ces deux indicateurs aboutit mécaniquement à un rendement revu à la baisse.
Les conséquences pour les détenteurs sont immédiates. Une personne disposant d’un Livret A rempli à hauteur de son plafond réglementaire de 22 950 euros percevra environ 45,90 euros d’intérêts mensuels, contre 57,40 euros jusqu’en janvier. Cette perte de rendement représente un manque à gagner important, surtout pour ceux qui privilégiaient ce support pour sécuriser leur épargne. La même évolution s’applique au Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS), dont le taux est toujours calqué sur celui du Livret A.
Le LEP maintenu à un niveau acceptable malgré la baisse
Le Livret d’Épargne Populaire subit lui aussi une diminution de son rendement, passant de 4 % à 3,5 %. Toutefois, ce niveau reste supérieur à celui qui aurait dû être appliqué si la formule de calcul habituelle avait été strictement respectée. En effet, en théorie, le LEP aurait dû voir son taux s’aligner à 2,9 %, soit 0,5 point au-dessus du taux du Livret A. Afin d’atténuer l’impact de cette baisse pour les ménages à revenus modestes, une décision gouvernementale a permis de stabiliser son rendement à un niveau légèrement plus élevé.
Cette évolution est une demi-bonne nouvelle pour les épargnants éligibles à ce placement. Une personne ayant déposé le montant maximal autorisé sur son LEP, fixé à 10 000 euros, verra ses gains mensuels reculer à 29,2 euros, contre 33,3 euros avant la révision des taux.
Le CEL en net recul après la baisse du Livret A
L’ajustement du taux du Compte Épargne Logement suit la trajectoire du Livret A, conformément aux règles d’indexation en vigueur. Désormais fixé à 1,5 % brut, contre 2 % précédemment, il offre un rendement de plus en plus limité pour les épargnants qui y ont investi leur capital. Cette rémunération reste encore soumise aux prélèvements sociaux, qui s’élèvent à 17,2 %, réduisant ainsi le taux net à 1,24 % pour les contribuables non imposables. Pour ceux qui sont soumis à la fiscalité de la flat tax de 30 %, le rendement final tombe à 1,05 %.
Ces nouvelles conditions de rémunération reflètent une tendance de fond qui s’accentue avec la baisse progressive de l’inflation. L’époque où les livrets d’épargne réglementés constituaient une solution rentable pour placer ses liquidités semble désormais révolue. Certes, ils conservent des atouts indéniables en matière de liquidité et de sécurité, mais la rentabilité qu’ils offrent peine de plus en plus à compenser la hausse du coût de la vie.
Le prochain ajustement des taux est prévu pour août 2025. Si l’inflation continue de se stabiliser à un niveau bas, une nouvelle réduction des taux n’est pas à exclure. Les épargnants doivent donc s’interroger sur l’intérêt de maintenir leurs fonds sur ces supports ou d’explorer des alternatives plus performantes.









