Le 4 février 2025, Donald Trump a signé un décret officialisant le retrait des États-Unis du Conseil des droits de l’homme des Nations unies (CDH) et mettant un terme au financement de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA). Cette décision s’inscrit dans la continuité des positions adoptées lors de son premier mandat et marque une volonté de redéfinir l’engagement américain au sein des institutions multilatérales.
Pourquoi cette décision radicale des Etats-Unis ?
L’administration Trump justifie ce choix par plusieurs arguments :
- Critiques contre le CDH : Les États-Unis dénoncent une partialité de cet organe, qu’ils accusent d’accorder une attention disproportionnée à Israël tout en intégrant des États dont les bilans en matière de droits humains sont contestés.
- Suspicion à l’égard de l’UNRWA : L’agence onusienne, qui vient en aide aux réfugiés palestiniens, est accusée d’inefficacité et de proximité avec des groupes jugés hostiles aux intérêts américains et israéliens.
- Approche nationale de la politique étrangère : Donald Trump privilégie une diplomatie basée sur des partenariats bilatéraux plutôt que sur une participation aux organisations internationales qu’il considère comme peu performantes.
Ces arguments avaient déjà été avancés lors de son premier mandat, notamment en 2018 lorsqu’il avait temporairement retiré son pays du CDH. Sous l’administration de Joe Biden, les États-Unis avaient réintégré cet organe avant d’être de nouveau exclus par le décret signé ce début de février 2025.
Les effets du retrait américain du CDH
Le Conseil des droits de l’homme, créé en 2006 et basé à Genève, est un organe consultatif chargé d’examiner les situations des droits humains dans le monde. S’il n’a pas de pouvoir contraignant, ses résolutions influencent les relations internationales et les politiques des États membres.
Le retrait américain implique plusieurs conséquences :
- Perte d’influence : En quittant cet organe, les États-Unis renoncent à une tribune pour critiquer les régimes qu’ils jugent répressifs, notamment la Chine ou la Russie.
- Redéfinition du leadership occidental : Ce désengagement pourrait ouvrir la voie à d’autres puissances, comme l’Union européenne, pour jouer un rôle plus central dans la défense des droits humains à l’échelle internationale.
- Affaiblissement de l’ONU : L’organisation repose largement sur l’engagement de ses membres. Le départ des États-Unis, l’un des principaux contributeurs financiers, fragilise encore davantage sa crédibilité et son fonctionnement.
Ce n’est pas la première fois que Washington adopte une telle posture. En 2017, les États-Unis s’étaient déjà retirés de l’UNESCO, invoquant des biais anti-israéliens.
Quelles conséquences pour l’UNRWA ?
L’UNRWA, fondée en 1950, apporte un soutien humanitaire aux réfugiés palestiniens présents en Cisjordanie, à Gaza, en Jordanie, au Liban et en Syrie. Son budget repose en grande partie sur les contributions des États membres de l’ONU, dont celles des États-Unis qui ont longtemps été son principal financeur.
La suppression de cette aide pose plusieurs défis :
- Un risque de crise humanitaire : L’agence fournit des services de base à des millions de réfugiés, notamment en matière de santé, d’éducation et d’aide alimentaire.
- Un impact diplomatique : Cette décision pourrait aggraver les tensions entre Washington et plusieurs États du Moyen-Orient, notamment la Jordanie et le Liban, où l’UNRWA joue un rôle clé.
- Une redéfinition du soutien international : D’autres pays donateurs devront décider s’ils compensent la perte de financement américain ou s’ils réévaluent leur propre engagement.
Israël, de son côté, a accueilli favorablement cette mesure, estimant que l’UNRWA perpétue le statut de réfugié des Palestiniens et ne contribue pas à une solution durable au conflit.
Alors que l’administration Trump défend un recentrage sur des alliances bilatérales et une remise en cause des engagements internationaux jugés inefficaces, cette politique comporte des risques diplomatiques et humanitaires.
- À court terme, elle permet aux États-Unis d’affirmer une politique étrangère plus indépendante et de renforcer leurs alliances privilégiées, notamment avec Israël.
- À long terme, elle pourrait affaiblir le rôle de Washington dans la gouvernance mondiale, en particulier dans les domaines des droits humains et de l’aide humanitaire.
L’enjeu pour les mois à venir sera de voir comment les autres puissances réagissent à cette nouvelle phase de repli américain et si des mécanismes de remplacement sont mis en place pour pallier le vide laissé par ces retraits successifs.









