Le gestionnaire du réseau électrique français, RTE, a publié ce jeudi 13 février 2025 son plan d’investissement pour la modernisation du réseau national. Évalué à 100 milliards d’euros d’ici à 2040, celui-ci se répartit en plusieurs chantiers, tous aussi titanesques les uns que les autres.
Un réseau national à reconstruire
RTE doit faire face à une réalité qui a été mise sous le tapis pendant des dizaines d’années : une grande partie du réseau électrique français est vétuste. Certaines lignes haute tension dépassent les 70 ans d’existence et les infrastructures actuelles ne sont pas adaptées à une demande croissante de la consommation d’électricité. Pour pallier cette situation, le gestionnaire du réseau national prévoit dans son plan d’investissement à horizon 2040 : 24 milliards d’euros pour la rénovation de pas moins de 40 000 km de lignes, dont 23 500 km seront totalement remplacés, ainsi qu’au renforcement de 85 000 pylônes et 400 postes électriques. Ce chantier colossal vise à moderniser la structure vieillissante, mais aussi à la rendre plus résiliente face aux intempéries, vagues de chaleur et risques d’inondation.
Le plan de RTE s’inscrit par ailleurs dans la dynamique envers la transition énergétique. Le transport de l’électricité sera repensé pour éviter les congestions et assurer une distribution fluide, notamment vers les zones industrielles en forte croissance. Objectif : faire passer la part de l’électricité dans le mix énergétique de 25 % aujourd’hui à plus de 50 % d’ici 2050. Comme le souligne Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE « ce plan d’aménagement du territoire marque la grande bascule de la France vers l’électrification du mix énergétique qui dépend encore, aujourd’hui, à 60 % des énergies fossiles (…) Notre réseau est globalement en bonne santé, bien maillé et de bonne qualité, mais il est dimensionné pour des usages électriques représentant seulement 25 % de la consommation d’énergie du pays. Pas pour un volume d’électricité de plus de 50 % dans le mix en 2050. »
53 milliards pour le raccordement des nouvelles infrastructures énergétiques
Plus de la moitié de l’enveloppe, soit 53 milliards d’euros, servira à raccorder les nouvelles infrastructures énergétiques et industrielles au réseau national. Ce budget permettra notamment de connecter les parcs éoliens offshore, les futurs réacteurs nucléaires EPR2, ainsi que les grandes industries électro-intensives, ou encore de développer – pouvoir accueillir des centres de données.
17 milliards d’euros encore seront consacrés au renforcement de la « colonne vertébrale » du réseau haute tension pour absorber l’augmentation des flux d’électricité. Le plan prévoit également de nouveaux investissements dans les interconnexions avec les pays voisins afin de sécuriser les échanges d’électricité et optimiser les pointes de consommation. Enfin, ce projet de modernisation entend créer entre 8 000 et 12 000 emplois par an d’ici à 2030, dans des secteurs allant de la construction aux métiers spécialisés de l’énergie. Bien que RTE ait voulu se montrer rassurant, il reste à voir quel sera l’impact de ce plan sur la facture des consommateurs.








