Le 25 février 2025, Donald Trump a officialisé l’arrivée prochaine d’une nouvelle carte de résidence, dénommée « gold card ». Elle remplacera, à compter de mars 2025, le programme EB-5, en vigueur depuis 1990, lequel proposait déjà une résidence américaine en échange d’investissements économiques concrets. La « gold card » promet une résidence permanente aux États-Unis à toute personne prête à débourser 5 millions de dollars.
Un dispositif exclusif à 5 millions de dollars
La « gold card » proposée par Donald Trump se distingue immédiatement par son tarif élevé : 5 millions de dollars, soit environ 4,8 millions d’euros. Ce prix en fait l’un des programmes de résidence les plus chers au monde, bien supérieur aux autres visas comparables existant en Europe ou ailleurs.
Contrairement à l’ancien visa EB-5, qui demandait un investissement minimal de 800 000 dollars (environ 760 000 euros) dans des régions économiquement en difficulté, ou 1 050 000 dollars (environ 995 000 euros) dans des zones plus aisées, la « gold card » ne prévoit aucune exigence d’investissement concret dans une activité économique particulière.
Suppression de l’exigence de création d’emploi
Le visa EB-5 imposait une obligation claire : chaque investisseur devait créer au minimum 10 emplois aux États-Unis, garantissant ainsi des bénéfices directs pour l’économie locale. La « gold card » abolit totalement cette exigence. La seule condition désormais sera de passer avec succès un processus de vérification approfondi des antécédents, destiné à prévenir fraudes et abus.
| Caractéristiques | Visa EB-5 (ancien) | « Gold card » (nouveau) |
|---|---|---|
| Montant requis | 800 000 $ à 1 050 000 $ | 5 000 000 $ |
| Création d’emploi | Obligatoire (10 emplois minimum) | Aucune exigence |
| Investissement concret | Nécessaire dans l’économie réelle | Aucun requis |
| Processus de vérification | Classique | Renforcé |
Objectifs économiques et conséquences du dispositif
L’administration américaine espère attirer une clientèle ultra-fortunée, capable de générer des recettes fiscales élevées et une consommation significative sur le territoire américain. Le gouvernement estime que jusqu’à un million de ces « gold cards » pourraient être vendues, générant potentiellement jusqu’à 5 000 milliards de dollars de revenus immédiats pour l’État fédéral.
Si l’objectif immédiat semble avant tout fiscal, l’absence d’investissement direct dans l’économie réelle pourrait remettre en cause les bénéfices à long terme pour les États-Unis. En effet, le programme EB-5 avait explicitement pour but de dynamiser l’économie américaine en favorisant la création d’emplois et le développement d’entreprises. Avec la « gold card », ces objectifs ne sont plus garantis.
Éligibilité ouverte aux fortunes controversées ?
L’annonce par Donald Trump que des oligarques russes pourraient potentiellement bénéficier du dispositif a déclenché des critiques importantes, notamment sur le plan politique et éthique. Cette ouverture explicite à des personnalités controversées sur le plan international pourrait entraîner des tensions politiques accrues avec d’autres nations, notamment européennes, qui s’efforcent de limiter l’accès à leur territoire à ce type de profils.
Autre incertitude : le caractère légal et légitime du dispositif. Historiquement, la définition des critères d’attribution de la citoyenneté et de la résidence permanente relève du Congrès américain. Or, selon les propos de Donald Trump, la mise en place de la « gold card » pourrait être réalisée sans l’approbation du législateur.








