La taxe de solidarité sur les billets d’avion, souvent surnommée taxe Chirac, va encore augmenter en 2025. Créée en 2006 à l’initiative de Jacques Chirac et Luiz Inácio Lula da Silva, cette taxe touche voyageurs et compagnies aériennes, ce qui provoque des réactions diverses.
Une taxe qui évolue tout le temps
Depuis sa mise en place, la taxe a déjà été relevée en 2014 et en 2020. En 2025, elle devrait tripler par rapport à ce qu’elle était à ses débuts. Concrètement, on parlera d’une hausse de 4,77 euros pour les vols intérieurs et ceux en direction de l’Europe, et de 7,49 euros pour les vols intercontinentaux. Ces changements font partie de la loi de finances qui vise à augmenter les recettes fiscales pour financer des projets humanitaires.
Pour un billet en classe économique vers la France ou l’Europe, la taxe sera bientôt fixée à 7,40 euros. Pour des destinations intermédiaires, on parle de 15 euros, tandis que pour les destinations lointaines, ça grimpe jusqu’à 40 euros. Les voyageurs en classe affaires devront s’attendre à payer entre 30 et 120 euros selon leurs destinations. Pour les jets privés, la taxe peut atteindre jusqu’à 2 100 euros, en fonction du type d’appareil et du trajet.
Un financement important pour Unitaid
Les sommes récoltées grâce à cette taxe sont principalement destinées à l’organisation internationale Unitaid (aussi connue sous le nom de Facilité internationale pour l’achat des médicaments – FIAM). Cette organisation joue un rôle majeur dans la lutte contre les pandémies dans les pays pauvres. Par exemple, grâce à ses actions, le prix des traitements contre le VIH pour les enfants a baissé de 40 %, et celui des traitements de deuxième intention a diminué de 25 à 50 % dans les pays à faible revenu et intermédiaires.
Le coût réel des billets d’avion
Quand on achète un billet d’avion, il faut savoir que le tarif ne se limite pas aux frais de la compagnie. Les taxes et redevances peuvent représenter jusqu’à 40 % du montant total du billet. Cela inclut non seulement la taxe Chirac, mais aussi diverses autres charges qui s’ajoutent en fonction des options choisies par le voyageur.
Toutes les compagnies commerciales qui transportent des passagers, du fret ou du courrier appliquent cette taxe. De plus, certaines entreprises exploitant des jets privés n’y échappent pas. En fait, quelques compagnies refacturent cette taxe à leurs clients même après l’achat du billet.
Des répercussions sur l’aviation commerciale
Certaines compagnies, comme Transavia, ont décidé d’appliquer rétroactivement la taxe sur les billets achetés avant le 28 octobre 2024 et ceux achetés après le 7 décembre 2024 pour des voyages débutant à partir du 3 mars 2025. Cette mesure concernera environ 800 000 personnes. Si le client ne règle pas la taxe, il ne pourra pas s’enregistrer en ligne ni obtenir sa carte d’embarquement.
Les compagnies low-cost, qui représentent plus de 70 % du trafic dans dix-huit aéroports français, se retrouvent particulièrement dans le collimateur de ces nouvelles mesures fiscales. Face à la pression financière elles envisagent même de réduire leur activité en France. Ryanair a déjà fait part de son intention de revoir ses opérations sur le territoire français en cas d’absence de mesure d’ajustement.
Les vives inquiétudes des aéroports français
Le trafic aérien en France n’est toujours pas revenu à ses niveaux d’avant Covid, avec une baisse persistante de 4 % par rapport à 2019, selon les chiffres de 2024. Des aéroports régionaux comme ceux de Beauvais, Carcassonne ou Nantes pourraient être particulièrement malmenés par cette situation économique difficile.
Thomas Juin, président de l’Union des aéroports français, partage ses préoccupations en déclarant : « Pour nous, ce ne sont pas des menaces mais bien des informations. » Il demande ainsi au gouvernement de revoir sa décision sur l’augmentation prévue, en espérant que ce point soit remanié lors du prochain projet de budget national.
Face à ces nouvelles hausses et aux conséquences potentielles sur la société et le secteur aérien français – surtout pour certains opérateurs qui misent essentiellement sur des modèles low-cost –, il paraît indispensable d’étudier minutieusement toutes les solutions envisageables pour atténuer ces effets tout en poursuivant les objectifs solidaires qui ont motivé la création de cette fameuse « taxe Chirac ».











