Le salaire, ça compte. Que l’on travaille pour l’État ou pour une entreprise, le montant sur la fiche de paie est souvent au cœur des discussions de couloir. L’Insee, dans une étude publiée le 20 mars 2025, s’est penché une nouvelle fois sur cette fameuse différence de rémunération entre secteur public et secteur privé. Et les résultats battent en brèche bien des idées reçues.
À travail égal, le privé paye mieux, mais il y a un mais
Commençons par ce qui fâche : à temps de travail égal, les salariés du privé touchent 3,7 % de plus que ceux du public. En chiffres : 30 600 euros nets par an contre 29 450 euros. Une inversion de tendance, puisque la fonction publique était historiquement mieux lotie. C’est en 2013 que le rapport s’est inversé, et depuis, l’écart continue de se creuser.
Attention, cela ne veut pas dire que les fonctionnaires sont perdants sur toute la ligne. Sur une année complète, leur revenu global est supérieur de 9,3 % à celui du privé. Pourquoi ? Parce qu’ils bossent plus régulièrement. Moins de périodes sans contrat, moins de trous entre deux missions : au final, plus de jours travaillés, donc plus d’argent.
Salaire : des écarts selon le sexe, l’âge et le diplôme
Les écarts ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Dans la fonction publique, les femmes gagnent un peu mieux que leurs homologues du privé (+1,3 %), mais les hommes sont moins bien payés (-2 %). Les jeunes de moins de 25 ans gagnent davantage dans le privé, mais au-delà, c’est le volume de travail qui fait la différence. Côté études, les moins diplômés s’en sortent souvent mieux dans le public. À l’inverse, les bac+3 et plus touchent des salaires bien plus intéressants dans le privé (près de 24 % d’écart sur le salaire moyen).
Le secteur privé est plus extrême. Il concentre à la fois une majorité de petits salaires (51 % des salariés sous les 2 050 euros nets/mois) et la quasi-totalité des très hauts salaires (0,9 % gagnent plus de 10 000 euros/mois, contre seulement 0,2 % dans le public). La fonction publique, elle, est plus « lissée » : moins d’écarts, mais aussi moins d’élus au sommet.








