Les enseignes de bricolage comme Leroy Merlin, Castorama et Brico Dépôt pourraient bientôt être exclues du dispositif MaPrimeRénov’. Une proposition de loi, passée en première lecture devant l’Assemblée nationale, poursuit actuellement son parcours législatif au Sénat.
Un amendement qui vise les enseignes de bricolage
Le 19 mars 2025, le Sénat a commencé à examiner une proposition de loi visant à renforcer la lutte contre les fraudes aux aides publiques accordées dans le cadre de travaux de rénovation énergétique des logements. Parmi les mesures prévues figure un amendement qui prévoit d’exclure les grandes surfaces de bricolage du dispositif MaPrimeRénov’.
Cette aide financière, essentielle pour soutenir les travaux de rénovation énergétique, est aujourd’hui accessible aux clients des enseignes de bricolage qui bénéficient de conseils et d’un accompagnement dans leurs démarches. Mais porteurs de ladite réforme, ces enseignes ne sont pas certifiées RGE (Reconnu Garant de l’Environnement), un label obligatoire pour bénéficier des subventions. Sans cette certification, les grandes surfaces risquent donc d’être privées de leur rôle d’intermédiaire clé dans la rénovation énergétique.
Cette décision intervient alors que le dispositif MaPrimeRénov’ a connu d’importants détournements financiers, avec près de 400 millions d’euros de fraudes recensés en 2023, selon Tracfin. Pour les partisans de la réforme, cette exclusion permettrait de mieux encadrer les bénéficiaires et d’éviter les abus.
Quel impact pour les enseignes et les ménages ?
Pour les enseignes de bricolage, cette réforme est une menace directe pour leurs clients. Ces magasins jouent un rôle essentiel dans l’accès aux solutions de rénovation énergétique, notamment pour les foyers modestes. En travaillant avec près de 2 300 artisans partenaires labellisés RGE, ces enseignes simplifient les démarches des ménages et facilitent les travaux d’amélioration énergétique.
La Fédération des Magasins de Bricolage (FMB) dénonce une décision qu’elle juge injuste dans un communiqué, estimant que celle-ci priverait ces enseignes du dispositif MaPrimeRénov’ et compliquerait, in fine, l’accès aux travaux pour les ménages les plus vulnérables. Ces grandes surfaces assurent en effet pourtant une couverture géographique essentielle avec près de 3 000 points de vente en France, notamment dans les zones rurales et périurbaines, où se trouvent 45 % des passoires thermiques.
Alors même que le gouvernement vise 700 000 rénovations énergétiques performantes par an d’ici 2030, les professionnels du secteur redoutent qu’en écartant les enseignes de bricolage du dispositif MaPrimeRénov’, les ménages renoncent à leurs projets de rénovation, découragés par la complexité des démarches ou le manque de professionnels disponibles.








