Incident à Flamanville : une fuite sur le réacteur 1, la malédiction du site se poursuit 

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Incident à Flamanville : une fuite sur le réacteur 1, la malédiction du site se poursuit  | www.nlto.fr

Tout était prêt pour relancer le réacteur n°1 de Flamanville. Et puis, une alarme. Une fuite. Une vapeur inattendue. La mécanique nucléaire s’est figée.

Le 22 mars 2025, une vapeur s’est échappée là où elle n’aurait jamais dû. Flamanville a interrompu son redémarrage. Encore une fois.

Une vapeur sous pression, un redémarrage suspendu

Le réacteur numéro 1 de Flamanville, à l’arrêt depuis le 6 décembre 2024 pour maintenance, devait reprendre du service. Mais le samedi 22 mars 2025, à 12h30, une alarme incendie a retenti. Les pompiers sont intervenus aussitôt. L’incident n’impliquait ni flamme, ni fumée, mais un dégagement de vapeur d’eau sous pression, dans le local d’une pompe du bâtiment réacteur. La centrale a suspendu le processus de redémarrage. L’origine du problème : une fuite sur le circuit primaire, détectée alors que le réacteur montait en régime. L’événement, sans victime et sans conséquence environnementale, s’est déroulé dans une zone confinée. Mais il bloque, une fois encore, le calendrier du site normand.

Les procédures de sûreté ont été appliquées immédiatement. L’eau s’est écoulée dans des dispositifs de récupération intégrés à l’enceinte du bâtiment. Aucun employé ne se trouvait dans la zone concernée. Benoît Fidelin, président de la Commission locale d’information, a confirmé que « la situation est stabilisée ». La direction de la centrale a précisé que la pression du circuit avait été abaissée durant la nuit, permettant de réduire l’écoulement et d’enclencher une phase de diagnostic technique. En clair : comprendre l’ampleur des dégâts, évaluer les réparations nécessaires, et décider si le redémarrage peut reprendre sans compromettre la sécurité.

Flamanville, un site maudit ?

Flamanville n’en est pas à son premier incident. Depuis le lancement du chantier de l’EPR en 2007, le site cumule retards, anomalies techniques et arrêts imprévus. Cette fois, c’est le réacteur n°1, en service depuis 1986, qui trébuche, en pleine relance. Ce contretemps ajoute une ligne à la longue liste des aléas qui ponctuent la trajectoire du site, devenu emblématique des difficultés industrielles françaises dans le nucléaire. À l’heure où l’État mise sur un renouveau atomique, ces interruptions, même maîtrisées, alimentent les doutes. Et chaque jour perdu pèse sur la disponibilité du parc nucléaire, déjà mis sous tension par les exigences de maintenance post-Fukushima.

Ce genre d’incident ne fait pas la une. Pas de catastrophe, pas d’évacuation, pas de radiation. Mais dans le silence contrôlé de la vapeur confinée se joue la crédibilité de la filière nucléaire française. Car une relance industrielle ne se mesure pas seulement en gigawatts annoncés, mais en fiabilité perçue. Le moindre défaut dans une pompe, la plus petite fuite, rappelle que l’atome n’admet pas l’à-peu-près. 

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