L’aéroport Charleroi-Bruxelles va bientôt appliquer une nouvelle taxe de 3 euros par passager avant la fin de l’année 2025. Cette mesure, qui devrait générer au moins 15 millions d’euros par an, fait déjà réagir dans un secteur aérien en pleine agitation. Tandis que les voyageurs déplorent la hausse des tarifs, la taxe soulève des questions sur ce qu’elle pourrait bien changer pour l’image et la compétitivité de l’aéroport.
Un secteur aérien sous tension
Le marché de l’aviation traverse une période compliquée, surtout en France où de récentes augmentations de taxes et de frais font grincer des dents. Les montées progressives des prix des billets et des charges aéroportuaires alimentent les discussions. Ici en France, notamment dans la capitale, ces changements ont transformé la politique tarifaire en véritable sujet de conflit.
Dès lors, la décision prise à Charleroi pourrait être perçue comme une nouvelle forme de surcharge. Même si 3 euros par passager peut sembler modeste au premier abord, la somme totale touchée grâce au nombre de passagers risque d’être considérable. Avec 10,5 millions de passagers enregistrés en 2024, Charleroi se positionne comme le deuxième aéroport en Belgique en termes de fréquentation.
Répercussions pour l’aéroport
Historiquement connu comme un aéroport réservé aux vols à bas coût, Charleroi pourrait voir son image remettre en question avec l’arrivée de cette taxe. Les six compagnies opérant depuis cet aéroport – Ryanair, Wizzair, Pegasus Airlines, Air Corsica, Volotea et Air Arabia – pourraient bien ressentir la pression des tarifs plus élevés. En plus, environ 15 % des passagers viennent du nord de la France.
Thomas Dermine a ainsi précisé : « Nous réfléchissons à une taxe autour de l’aéroport. Une disposition légale existe et peut être facilement mise en œuvre. Si nous prélevons trois euros par passager décollant du Brussel South Charleroi Airport (BSCA), cela pourrait rapporter 15 millions d’euros par an au minimum. »
Objectifs financiers et économiques
La taxe a surtout pour but d’aider l’aéroport à mettre de l’ordre dans ses finances tout en finançant les travaux d’amélioration des installations. La situation financière difficile à laquelle se heurte Charleroi n’est pas isolée; elle résulte d’un accord signé avec la région wallonne en 2024 pour pallier le refus des banques d’accorder de nouveaux prêts. Ce plan régional, baptisé « Oxygène », concerne aussi des villes voisines comme Liège et Mons.
Toutefois, la question se pose : est-ce juste de faire payer cette surtaxe aux passagers ? L’industrie aérienne traverse une période mouvementée marquée par de répétées hausses des coûts, affectant tant les droits des passagers que les compagnies.
Conséquences possibles
L’entrée en vigueur de cette taxe risque de relancer les polémiques dans le monde de l’aviation. Ces tarifs plus élevés pourraient non seulement changer les habitudes de consommation, mais aussi entacher la réputation de compétitivité sur laquelle Charleroi s’est bâti au fil des ans.
Hervé Fransens, secrétaire général de l’aéroport belge, avait d’ailleurs mentionné : « 15 % des clients viennent du nord de la France », soulignant ainsi que les retombées pourraient dépasser les frontières belges.
Alors que l’aéroport cherche à naviguer dans ces eaux financières agitées, le temps nous dira comment cette démarche influencera sa place sur le marché européen des low-cost et si elle donnera l’exemple à d’autres aéroports face aux défis financiers actuels.











