Alors que le calendrier fiscal 2025 s’ouvre pour les contribuables, une mesure phare fait parler d’elle : l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite. Maintenu et ajusté cette année, il fait pourtant l’objet de remises en question par plusieurs institutions.
Un maintien et une revalorisation du dispositif pour 2025
L’abattement fiscal forfaitaire de 10 % sur les pensions de retraite reste applicable en 2025, au titre des revenus perçus en 2024. Ce dispositif, mis en place en 1978, consiste en une déduction automatique opérée par l’administration fiscale, sans intervention du contribuable. Il est destiné à réduire le montant imposable des pensions de retraite, dans une logique de simplification et d’équité fiscale.
Pour l’année 2025, les seuils de l’abattement ont été revalorisés de 1,8 % : le montant minimal s’élève désormais à 450 euros par personne, tandis que le plafond est fixé à 4 399 euros par foyer fiscal. Cette actualisation tient compte de l’évolution des prix à la consommation et s’inscrit dans les ajustements techniques habituels liés à l’inflation.
Une reconduction critiquée par plusieurs acteurs économiques
Si l’abattement reste en vigueur, son maintien ne fait pas l’unanimité. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) et le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) ont évoqué à plusieurs reprises la possibilité de sa suppression. Parmi les raisons avancées figurent la volonté de simplifier le système fiscal et de mieux cibler les dispositifs d’allègement, dans un contexte de tension sur les finances publiques. Le Medef (Mouvement des entreprises de France) partage également cette position. L’organisation estime que l’abattement fiscal de 10 % n’est plus justifié et qu’il représente une dépense fiscale qu’il conviendrait de revoir. Elle s’appuie sur des estimations selon lesquelles sa suppression pourrait générer entre 4 et 5 milliards d’euros d’économies annuelles pour les finances publiques.
Nonobstant, si cette réforme venait à être mise en œuvre, elle aurait pour effet d’augmenter le revenu fiscal de référence de millions de foyers, ce qui risquerait, in fine, de pénaliser directement les retraités de la classe moyenne, qui bénéficient aujourd’hui pleinement de ce mécanisme de réduction automatique de leur base imposable.
À ce stade, le gouvernement n’a pas inscrit cette réforme dans le cadre de la loi de finances pour 2025, mais le sujet pourrait bien revenir sur la table à l’occasion de l’élaboration du budget de 2026.








