Alors que l’été 2025 s’annonce sous haute tension budgétaire et climatique, le tourisme local s’impose comme une tendance lourde en France. D’après une étude commandée par la plateforme GreenGo et menée par Discurv au printemps 2025, 74 % des Français déclarent vouloir rester dans l’Hexagone pour leurs congés estivaux. Un choix qui semble relever autant du cœur que de la raison.
Le tourisme local en France : entre convictions écologiques et arbitrages économiques
La tentation du voyage lointain s’efface peu à peu devant une réalité : celle d’un quotidien sous contrainte. Conflits géopolitiques, instabilité climatique, pouvoir d’achat rogné… L’époque n’est plus aux grandes traversées planétaires. En 2025, 40 % des sondés évoquent le souhait de (re)découvrir leur propre pays, tandis que 39 % admettent vouloir éviter les tracas liés aux transports internationaux. Guillaume Jouffre, cofondateur de GreenGo, résume ce basculement : « La majorité des voyageurs français recherchent des expériences locales et authentiques au sein d’hébergements à taille humaine dans des destinations moins touristiques, tout en cherchant à limiter leur impact environnemental ».
Derrière cette volonté d’ancrage territorial, se cachent des considérations multiples. 32 % des Français déclarent vouloir soutenir l’économie locale, et 19 % souhaitent réduire leur empreinte carbone. Seuls 14 % mentionnent le contexte international comme facteur de décision. Quant au budget, il reste décisif sans être exclusif : 65 % des vacanciers prévoient entre 500 et 2000 euros, mais le critère financier ne vient qu’en second dans l’ordre des motivations.
Nouvelles pratiques, nouveaux critères : vers un tourisme de la sobriété choisie
Le surtourisme est désormais identifié comme un repoussoir majeur : 81 % des Français souhaitent éviter les lieux surfréquentés, et 56 % affirment faire attention à la consommation d’eau et d’énergie pendant leurs séjours. Ce comportement traduit un tournant éthique, voire militant.
Les formes de séjour évoluent en conséquence. 70 % des sondés déclarent rechercher des expériences “typiques du coin”, telles que la gastronomie ou l’artisanat local. 67 % privilégient les hébergements à taille humaine, et 85 % des réservataires en ligne seraient prêts à délaisser les géants américains au profit de plateformes françaises.
La montée du glamping, du slow tourisme, de la micro-aventure, confirme cette soif d’immersion modeste mais enrichissante. La France devient un terrain de redécouverte, une mosaïque de voyages à la fois accessibles, durables et signifiants. Les vacances en bord de mer restent dominantes (57 %), mais la campagne et la montagne gagnent du terrain. Les villes, elles, peinent à rivaliser : seulement 14 % des Français déclarent vouloir y passer leurs vacances.












