Grossesse : le café, nouvel allié anti-asthme ?

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Grossesse : le café, nouvel allié anti-asthme ? © www.nlto.fr

Le café est omniprésent dans le quotidien des Français. Si ses bienfaits sur le cœur ou la longévité sont désormais bien documentés, une étude scientifique, publiée le 9 janvier 2025, jette un pavé dans la mare des idées reçues : la consommation modérée de caféine pendant la grossesse pourrait diminuer le risque d’asthme chez l’enfant à l’âge de 10 ans. Une révélation qui interpelle autant qu’elle dérange, alors que les recommandations en matière de consommation durant la grossesse restent strictes.

Café et asthme chez l’enfant : des chiffres qui bousculent les certitudes

Qui aurait osé associer asthme infantile et café sans provoquer un tollé ? Et pourtant, l’étude portugaise, Pediatric Allergy and Immunology, publiée le 9 janvier 2025, avance des résultats déroutants. En analysant 5 585 duos mère-enfant, les chercheurs ont observé que les mères consommant jusqu’à 93 mg de caféine par jour, soit environ une grande tasse de café filtre, donnaient naissance à des enfants dont le risque d’asthme à 10 ans était réduit à 7,2 %, contre 8,8 % chez les enfants de mères non consommatrices.

Ces résultats semblent ainsi confirmer une hypothèse de plus en plus débattue dans le champ de la santé respiratoire pédiatrique : la caféine, en quantité maîtrisée, pourrait jouer un rôle anti-inflammatoire dès la période fœtale.

Un bouclier respiratoire in utero ?

Les sceptiques hausseront les sourcils. Car comment accepter que le café, trop souvent pointé du doigt, puisse constituer un facteur protecteur contre une pathologie chronique comme l’asthme ? L’étude précise pourtant que les résultats ont été ajustés pour tous les biais potentiels : tabagisme, antécédents maternels d’asthme, niveau d’éducation, âge gestationnel, sexe de l’enfant.

Mais concrètement, de quelle consommation parle-t-on  ? D’un apport quotidien inférieur à deux expressos. L’effet bronchodilatateur de la caféine est connu depuis des décennies, y compris dans le traitement d’appoint des crises asthmatiques.

Une piste de prévention à ne pas négliger

Les auteurs de l’étude restent mesurés : « Cette étude ouvre de nouvelles perspectives quant au rôle de la caféine dans la santé respiratoire des enfants. Cependant, il est crucial de procéder avec prudence avant de tirer des conclusions définitives » Difficile de leur donner tort. La caféine n’est pas dénuée d’effets secondaires : perturbation du sommeil, nervosité, impact possible sur la croissance intra-utérine. Mais doit-on pour autant écarter d’un revers de main une piste de prévention d’une maladie qui touche 1 enfant sur 10 en France ?

L’enjeu est immense. L’asthme infantile pèse lourd sur les systèmes de santé et impacte durablement la qualité de vie. Ouvrir une réflexion scientifique sur le rôle possible du café comme facteur modulateur du développement respiratoire, c’est peut-être offrir une voie alternative aux stratégies de prévention classique, souvent limitées à la lutte contre les allergènes ou le tabac.

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