Le 19 juin 2025, Cyril Hanouna prendra place à la table du Chinese Business Club en tant qu’invité d’honneur. Une rencontre calibrée, sans fanfare. Une carte qui peut apparaître de prime abord inattendue pour ce réseau d’affaires fondé par Harold Parisot.
Cyril Hanouna : de la télé aux cercles d’influence
Il fut le visage de C8, soit jusqu’à la perte de la fréquence TNT de la chaîne de télévision le 28 février 2025 (au profit de NRJ12). Animateur vedette pendant une décennie de l’émission la plus regardée de France, Touche pas à mon poste, Cyril Hanouna a bousculé le paysage audiovisuel, imposant une parole populaire, sans langue de bois. Né à Paris en 1974, cet entrepreneur franco-tunisien a construit sa trajectoire seul, et souvent à contre-courant : animateur télé, radio, producteur… Personnage clivant, il anime depuis lors une émission quotidienne sur Europe 1, où se mêlent info, opinion et, parfois aussi, agitation, ses marques de fabrique. Il reviendra par ailleurs à la télévision à la rentrée de septembre 2025 sur W9, l’une des chaînes du groupe M6.
Son invitation au Chinese Business Club n’est donc pas si surprenante qu’il n’y paraît. Elle tient compte du parcours d’un personnage qui fut longtemps cantonné à l’univers du divertissement, devenu celui qui a contribué à faire évoluer le paysage médiatique en un lieu de parole – jugé parfois trop – libre, où l’on teste les idées, on jauge les tendances de la société, et où l’on capte les rapports de force.
Chinese Business Club : un réseau d’affaires au nom devenu trompeur
À son lancement en 2012, le Chinese Business Club affichait clairement ses ambitions : rapprocher les milieux d’affaires français et chinois, dans un contexte de montée en puissance de l’économie asiatique. Harold Parisot, son fondateur, misait alors sur le soft power économique pour créer un pont discret mais efficace entre les deux sphères. L’idée : offrir une plateforme d’échange à haute valeur ajoutée, dans un cadre ultra-sélectif, loin des logiques institutionnelles classiques.
Mais plus d’une décennie plus tard, le tableau a radicalement changé. Le club a peu à peu délaissé sa vocation sino-française pour devenir un microcosme quasi exclusivement national. Aujourd’hui, 90 % de ses membres sont français. Les déjeuners, organisés dans la plus stricte confidentialité, rassemblent surtout des figures issues de l’économie hexagonale : chefs d’entreprise, avocats d’affaires, investisseurs, communicants, parfois quelques politiques — mais presque plus aucun acteur chinois.
Et pourtant, le nom est resté. Par choix. Car il conserve une aura internationale, une signature prestigieuse dans les cercles économiques. Ce décalage entre l’intitulé et la réalité constitue aujourd’hui l’un des paradoxes assumés du Chinese Business Club. Une marque forte, qui rassure et séduit, même si son orientation géographique d’origine a été mise de côté. Le fonctionnement du club, lui, n’a pas changé. Aucun appel à candidatures, pas de plateforme en ligne : on y entre uniquement par recommandation.
Une ouverture assumée et maîtrisée
Officiellement, ce n’est qu’un déjeuner. Pour autant, les rendez-vous annuels de ce réseau d’affaires fascinent et suscitent un réel engouement, comme l’a montré la précédente édition, qui avait accueilli Jordan Bardella, président du Rassemblement national. Chaque année, les demandes explosent, les places partent en un rien de temps, en raison du prestige de ce club. Le lieu, comme toujours, restera secret jusqu’au dernier moment.
Pour Harold Parisot, fondateur et président du Chinese Business Club, l’enjeu est clair : maintenir la ligne du club – exclusif mais adaptable, discret mais lucide – tout en élargissant les profils. Le choix de Cyril Hanouna en témoigne : populaire, clivant, influent. Il réunit trois attributs que les milieux économiques ne peuvent pas ignorer.








