Immobilier : les vieilles maisons sont souvent trop grandes pour leurs habitants

Beaucoup de maisons sont restées vides… ou presque. En cause : des occupants âgés, peu enclins à bouger, dans des logements devenus trop grands avec le temps. La preuve par les chiffres.

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En France, près d’un quart des ménages occupent un logement surdimensionné par rapport à leurs besoins. L’Insee a sorti les calculettes.

Maisons sous-occupés : c’est quoi exactement ?

Selon les critères de l’Insee, un logement est considéré comme largement sous-occupé quand il possède au moins trois pièces de plus que le nombre théorique nécessaire. Par exemple : cinq pièces pour une personne seule ou un couple sans enfant, six pour un foyer avec un enfant, etc.
En 2022, cela concernait un quart des résidences principales, soit 7,6 millions de logements en France métropolitaine (hors Mayotte).

Qui habite dans ces logements trop grands ? Principalement des Français âgés. 60 % des ménages concernés ont 60 ans ou plus. La majorité vit dans ces logements depuis longtemps : plus de vingt ans d’occupation dans plus d’un cas sur deux.

Dans le détail :

  • 2,1 millions de personnes seules
  • 3,6 millions de couples sans enfant
    … vivent dans des maisons de cinq pièces ou plus.

« Il s’agit le plus souvent de maisons individuelles occupées depuis longtemps par des propriétaires âgés n’ayant plus d’enfants à leur domicile », explique l’Insee.

Des logements anciens, spacieux, et… quasi toujours des maisons

Ce phénomène touche surtout les maisons individuelles : 93 % des logements très sous-occupés en sont. Et dans trois quarts des cas, ces logements dépassent 100 m².
Autre point : ce sont souvent des logements anciens. Parmi les résidences construites avant 1946, 31 % sont en sous-occupation accentuée. Pour celles construites entre 1946 et 1990, c’est 25 %. Après 1990 : 20 %.
Les appartements en location ? Pratiquement absents du tableau : seulement 3 % des logements sous-occupés.

En zone rurale, les logements sous-occupés explosent. Quelques exemples :

  • Guingamp : 35 %
  • Saint-Brieuc : 34 %
  • Quimper : 32 %
  • Saint-Malo : 33 %
  • Brest : 30 %

À l’inverse, en zone urbaine, la proportion est bien plus faible :

  • Marseille : 8 %
  • Paris (bassin de vie) : 11 %
  • Strasbourg : 14 %
  • Bordeaux : 18 %

Pourquoi ils ne déménagent pas ?

On pourrait penser que ces ménages voudraient réduire la voilure. Mais non. Seuls 36 % estiment avoir trop de pièces. Et à peine 9 % envisagent de déménager, contre 27 % des autres ménages, et 51 % de ceux vivant dans un logement suroccupé.
Les raisons ? Attachement à la maison familiale, possibilité d’accueillir enfants ou petits-enfants, habitudes de vie. L’Insee note aussi que les nouvelles formes d’habitat partagé, comme les résidences intergénérationnelles, restent très marginales.

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