Pendant des années, tout le monde ouvrait Google sans même y penser. Mais ça, c’était avant. Car depuis deux ans, Microsoft avance discrètement ses pions avec Bing. Et les premiers résultats commencent à faire du bruit.
Bing, le moteur qu’on ne voyait pas venir
On aurait pu croire que Bing était condamné à rester l’éternel numéro deux. Lancé en 2009, le moteur de Microsoft ne pesait presque rien face à Google. Mais voilà que depuis deux ans, la machine s’emballe. Et les chiffres parlent.
Selon StatCounter, Bing a gagné 3,4 points de part de marché mondiale entre 2023 et 2025. Aux États-Unis, il atteint même 29 % sur ordinateur. Pendant ce temps, Google perd du terrain : –1,2 point aux États-Unis, –6,1 points à l’échelle mondiale.
Pour la première fois depuis longtemps, Google voit un concurrent s’approcher un peu. Pas encore au coude-à-coude, mais assez près pour le voir dans le rétroviseur.
Le tournant, c’est février 2023. Microsoft intègre l’intelligence artificielle dans Bing avec Bing Chat, rapidement renommé Copilot. Le principe est simple : répondre directement à la question posée, comme le ferait un assistant personnel. Finis les dix liens à cliquer.
Et ça marche. L’outil séduit. En quelques semaines, 100 millions d’utilisateurs actifs découvrent une nouvelle manière de faire des recherches. Plus fluide, plus directe, plus intuitive. Bing n’est plus un moteur de recherche classique : il parle, il explique, il résume.
Derrière cette stratégie, un allié de poids : OpenAI, le créateur de ChatGPT. Microsoft l’intègre dans son moteur de recherche, mais aussi dans ses autres produits. Et ce positionnement “full IA” devient rapidement une marque de fabrique.
Résultat : plus d’utilisateurs, plus de pub, plus d’argent
L’effet IA n’est pas qu’une tendance technologique. Il a un impact très concret sur les finances. En 2024, Microsoft annonce une hausse de 13 % de ses revenus publicitaires sur Bing, pour atteindre 1,6 milliard d’euros. Une progression liée à la fois à l’augmentation du trafic et à une meilleure valorisation de chaque recherche.
Philippe Ockenden, vice-président financier du groupe, résume la situation : « Chaque point de part de marché représente 2 milliards d’euros d’opportunités ». Dit autrement, plus Bing avance, plus l’écart se creuse aussi dans les bilans financiers.
Microsoft pousse donc sa logique jusqu’au bout : Copilot est intégré dans Windows, dans Edge, dans Office…. L’écosystème est verrouillé. Et pour les utilisateurs de PC, la tentation est grande de tester Bing… parfois sans même le chercher.
Attention tout de même : Google n’est pas dépassé. Il reste ultra-majoritaire sur mobile, où Bing ne pèse que 4 % du marché mondial. Et dans des pays comme la France, Google reste largement au-dessus des 85 %.
Mais jusqu’ici, la domination de Google semblait absolue. Aujourd’hui, il existe une alternative crédible. Et même si le mouvement reste modeste, il s’inscrit dans la durée. Car c’est la quatrième année consécutive que Bing et le navigateur Edge progressent.
Jordi Ribas, responsable de la recherche chez Microsoft, affirme : « Nous gagnons des parts de marché grâce à l’IA, et ça commence à se voir ».









