Climat : la Maison-Blanche force la NASA à abandonner deux satellites clés

Ils suivaient le CO₂ à la trace. Ils aidaient les agriculteurs. Ils servaient même les compagnies pétrolières. Et pourtant, la Maison-Blanche a décidé de les éteindre.

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Deux satellites ultra-précis utilisés pour surveiller le climat vont être arrêtés. Une décision venue directement de la Maison-Blanche, qui suscite l’incompréhension chez les scientifiques et alimente les tensions budgétaires à Washington.

Des satellites pas comme les autres

Les deux missions concernées s’appellent OCO-2 et OCO-3 – pour Orbiting Carbon Observatory. Ce sont des satellites spécialisés dans la mesure du dioxyde de carbone (CO₂) dans l’atmosphère. L’un est autonome (OCO-2), l’autre est arrimé à la Station spatiale internationale (OCO-3). Tous deux permettent de cartographier la répartition des gaz à effet de serre, de suivre la croissance des plantes via la photosynthèse, et de prévoir l’état des cultures agricoles à l’échelle mondiale.
En résumé ? Ce sont des outils indispensables pour comprendre le dérèglement climatique, mais aussi pour anticiper les effets liés aux récoltes, aux sécheresses, ou à la disponibilité des ressources naturelles. « Les données collectées étaient d’une qualité exceptionnelle », notait la NASA en 2023, en recommandant la poursuite de ces missions pendant « au moins trois ans ».

C’est l’administration Trump qui a donné l’ordre : préparer l’arrêt des deux satellites. Officiellement, aucune explication n’a été fournie. Mais la décision est cohérente avec la ligne climato-sceptique affichée par la Maison-Blanche depuis le retour de Donald Trump au pouvoir en janvier 2025.
Du point de vue scientifique, c’est un non-sens. Selon David Crisp, ancien responsable des deux missions, elles ne coûtent que 15 millions de dollars par an, soit environ 13,8 millions d’euros, une fraction infime du budget annuel de la NASA qui atteint 25,4 milliards de dollars. « Cela n’a aucun sens économique de mettre fin à des missions qui rapportent des données aussi précieuses », a-t-il déclaré à NPR.

Le Congrès monte au front

Ce qui rend cette décision encore plus étonnante, c’est que les satellites OCO ne servent pas uniquement à la recherche scientifique. Leurs données sont utilisées par :

  • Les agriculteurs, pour surveiller la santé des cultures ;
  • Les compagnies pétrolières et gazières, qui les exploitent pour suivre certains cycles naturels ;
  • Des agences gouvernementales, pour anticiper des crises alimentaires ou des déséquilibres régionaux.

Le tout sans successeur prévu. Si OCO-2 est désactivé, il se consumera en réentrant dans l’atmosphère. Quant à OCO-3, il resterait fixé à la station spatiale, mais inactif. Des idées de financement privé ou universitaire sont évoquées, mais rien n’est confirmé.

La décision passe d’autant plus mal que les crédits pour ces missions ont déjà été votés pour 2025. Selon la représentante démocrate Zoe Lofgren, cette démarche pourrait « enfreindre la loi ». « Éliminer des satellites d’observation terrestre serait catastrophique », a-t-elle déclaré à Futurism.
Face à cette polémique, le Sénat a proposé un contre-budget pour maintenir les financements. L’affrontement budgétaire ne fait que commencer. Mais pour les chercheurs, ce qui compte, c’est l’urgence : sans signal clair, les missions pourraient être abandonnées dès 2026.

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