Vacances interdites aux enfants : la tendance qui inquiète le gouvernement

Les séjours « adult only » en France suscitent un vif débat : opportunité commerciale ou menace pour le développement des enfants ? Découvrez les enjeux d’une tendance qui pourrait redéfinir le paysage touristique français.

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La montée des séjours « adult only » en France : un débat qui fâche
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Le tourisme en France connaît un nouveau vent de fraîcheur avec les séjours réservés aux adultes. Tandis que ce phénomène se propage à l’international, il commence à s’installer chez nous avec des astuces ingénieuses. Pour certains, c’est une astuce marketing innovante, pour d’autres, c’est le signe d’une tendance qui éloigne les enfants de certains lieux.

La position du gouvernement

Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’enfance, s’oppose fermement à cette tendance, qualifiant ces pratiques de « violence faite aux enfants ». Elle rappelle l’importance de garder les enfants présents dans l’espace public et souhaite freiner cette mode avant qu’elle ne s’implante durablement. Le gouvernement prépare ainsi sa riposte pour contrer cette vague du « no kids ».

Le label « Le choix des familles »

Pour encourager les établissements à mieux accueillir les enfants, un label baptisé « Le choix des familles » a été lancé le 5 juillet. Ce label récompense les structures qui respectent des critères bien définis, comme des tarifs adaptés, des infrastructures conçues pour les petits et des animations spécialement pensées pour eux. Une plateforme permet aussi aux familles de recommander leurs adresses coups de cœur. En octobre, 50 établissements arboreront ce label distinctif, facilement reconnaissable grâce à un sticker rouge et orange avec une poussette.

Le marché des séjours réservés aux adultes

Sur le plan international, TUI, qui domine le secteur touristique, compte 48 hôtels sur 100 réservés aux adultes de plus de 16 ans. En France, ces offres attirent environ 16 % des clients de TUI France, représentant entre 5 % et 10 % des ventes totales. Cependant, limiter l’accès aux familles rend parfois difficile l’occupation des établissements tout au long de l’année. Dans l’Hexagone, on compte une vingtaine de campings « no kids » parmi plus de 7 000.

Les pratiques dissuasives en France

Certains hôtels et campings se montrent réticents envers les familles en facturant les lits bébé ou les chaises hautes. Ils n’hésitent pas à vanter le « calme » et le « silence » dans leurs descriptifs pour attirer une clientèle adulte. On trouve même des piscines exclusivement réservées aux adultes dans des structures habituellement familiales.

Vers une interdiction légale ?

Pour l’heure, aucune loi n’interdit explicitement les séjours « adult only » en France, contrairement à la réglementation sur les locations de courte durée à Marseille. Toutefois, Sarah El Haïry envisage même une interdiction pure et simple si la tendance continue de se développer. Les grands groupes du tourisme, de leur côté, estiment que leur activité repose avant tout sur la famille, ce qui soulève la question d’un modèle touristique durable. Comme le dit un patron de chaîne de campings : « Notre fonds de commerce, c’est la famille. Ce serait du suicide. »

Ce débat autour des séjours réservés aux adultes met en lumière un affrontement entre une stratégie marketing pointue et des valeurs sociétales bien ancrées. Tandis que certains y voient une belle opportunité commerciale, d’autres craignent pour le développement social et affectif des plus jeunes. Cette discussion mérite qu’on s’y attarde pour tenter de trouver le juste milieu entre tourisme durable et cohésion sociale durable.

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