L’avion solaire SolarStratos grimpe à 9 521 m et bat le record du monde

Record du monde pour le SolarStratos. L’avion solaire vient de dépasser la barre symbolique des 9.500 mètres d’altitude.

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L’avion solaire SolarStratos grimpe à 9 521 m et bat le record du monde © www.nlto.fr

Le record du monde pour un avion solaire vient d’être battu. Le SolarStratos vient de grimper à plus de 9 500 mètres d’altitude, sans carburant. Il s’agit d’une altitude jamais atteinte pour ce type d’appareil.


Un record du monde pour l’avion solaire SolarStratos


À Sion, en Suisse, il y a quelques jours en 2025, l’horizon s’est ouvert sur une nouvelle page de l’histoire aéronautique. Aux commandes du prototype SolarStratos, Raphaël Domjan, pionnier helvétique de l’exploration solaire, a mené un vol de 5 heures et 9 minutes, jusqu’à 9 521 m d’altitude. Jamais un avion électrique et solaire habité n’avait atteint une telle hauteur. Plus qu’un simple record, cette ascension incarne une vision : faire de l’énergie du soleil le moteur de l’aviation de demain.


L’appareil HB-SXA, développé spécifiquement pour voler dans la haute atmosphère, repose sur une motorisation électrique et de larges ailes recouvertes de cellules photovoltaïques. Avant le décollage, les batteries avaient été entièrement rechargées au sol. Pendant l’ascension, l’énergie solaire a pris le relais pour alimenter le moteur. À cette équation énergétique s’ajoute un élément de pilotage essentiel : l’utilisation des ascendances thermiques, comme le pratiquent les pilotes de planeurs, pour gagner de l’altitude sans surconsommer d’énergie.


L’ascension a été progressive. Parti de l’aéroport de Sion, Raphaël Domjan a franchi un à un les paliers d’altitude jusqu’à approcher la limite symbolique des dix kilomètres. À 9 521 m, l’avion a atteint le seuil le plus élevé jamais enregistré par un appareil solaire habité. Ce chiffre dépasse le précédent record établi en 2010 par le Solar Impulse, autre programme suisse, qui s’était hissé à 9 235 m. Quinze ans plus tard, SolarStratos confirme que la technologie a progressé, malgré des moyens financiers beaucoup plus modestes que ceux mobilisés par son prédécesseur.


Le vol, long de plus de cinq heures, a mis à l’épreuve le pilote et la machine. Dans une cabine non pressurisée, Raphaël Domjan a dû affronter des températures glaciales et un oxygène raréfié. Cette résistance physique renforce le caractère d’exploit.


Un record en attente de validation officielle


Bien que les instruments de bord et les témoins aient confirmé l’altitude atteinte, le record doit être homologué par la Fédération Aéronautique Internationale (FAI). L’instance ne se contente pas d’une mesure brute : elle examine la densité d’altitude, c’est-à-dire l’altitude corrigée en fonction de la température et de la pression. L’équipe SolarStratos a rappelé à ce sujet que « c’est l’altitude pression corrigée à la densité standard qui est reconnue comme référence officielle pour les records d’aviation ».


Cette vérification administrative ne diminue en rien la portée symbolique de l’événement. En croisant en vol un avion de ligne évoluant sur une trajectoire commerciale, Raphaël Domjan a démontré que l’aviation solaire pouvait s’inscrire dans l’espace aérien habituel, et non plus seulement dans un champ expérimental réservé.


Par ailleurs, ce vol record s’inscrit dans une série de tests. Quelques jours plus tôt, le 31 juillet 2025, SolarStratos avait atteint 6 589 m lors d’un vol préparatoire de 2 h 31 min, démontrant sa capacité à monter régulièrement en altitude. L’objectif affiché par le programme SolarStratos dépasse de loin le chiffre de 9 521 m. L’équipe souhaite franchir la barre symbolique des 10 000 m, hauteur où évoluent les avions de ligne, pour ensuite viser la stratosphère. Ce projet s’inscrit dans une vision plus large : démontrer qu’une aviation propre, fondée sur les énergies renouvelables, peut relever les défis de demain.

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