Le 21 août 2025, Greenpeace a publié une enquête paneuropéenne sur le prix des billets de transport, comparant 142 trajets effectués en train et en avion. L’étude couvre 31 pays et révèle une vérité déroutante : dans la majorité des voyages transfrontaliers, prendre l’avion coûte toujours moins cher que choisir le rail, alors que l’empreinte carbone d’un vol est largement plus lourde.
Voyager loin : quand l’avion devance le train sur le prix
Dans la pratique, l’avion reste la solution la plus économique sur les longues distances européennes. Greenpeace montre que sur 109 itinéraires transfrontaliers, plus de la moitié affichent un prix inférieur en avion, parfois de manière écrasante. À l’inverse, les trajets domestiques desservant une même région penchent nettement en faveur du rail, avec 70 % des parcours moins chers en train.
Le contraste est particulièrement visible dans certains pays. La France détient le triste record : sur 95 % des liaisons internationales étudiées, le billet de train coûte davantage que celui de l’avion. L’exemple Paris–Copenhague est frappant : 326 € en train contre 14,99 € en avion, soit près de 22 fois plus cher pour le voyageur ferroviaire. L’Espagne, le Royaume-Uni et l’Italie présentent aussi des déséquilibres similaires, confirmant une tendance générale défavorable au train sur les longs trajets.
Des écarts de prix qui changent la façon de voyager
Le cas de Barcelone–Londres est devenu emblématique de la situation : 389 € en train contre 14,99 € en avion, soit un rapport de 1 à 26. « Il est absurde qu’un vol entre Barcelone et Londres puisse coûter 15 € alors que le train sur le même trajet est jusqu’à 26 fois plus cher », s’indigne Herwig Schuster, spécialiste des transports pour Greenpeace Europe centrale. Londres–Bratislava revient 23 fois plus cher en train, Manchester–Cologne 15 fois, et Marseille–Londres 12 fois.
Pourtant, certaines lignes démontrent que le train peut être imbattable. Entre Vilnius et Varsovie, un billet de train revient à 25 €, contre 337 € pour un vol, soit moins de 8 % du prix de l’avion. D’autres trajets, comme Prague–Budapest ou Berlin–Prague, confirment qu’un réseau ferroviaire dense et coordonné offre des alternatives économiques.
Pourquoi l’avion paraît toujours plus attractif
Si le train reste plus coûteux, ce n’est pas une question d’efficacité technique mais d’inégalités fiscales. Les compagnies aériennes profitent de deux privilèges majeurs : aucune taxe sur le kérosène et pas de TVA sur les billets internationaux. En face, les compagnies ferroviaires paient la TVA, l’électricité et des péages élevés pour l’usage des voies ferrées. Ce déséquilibre structurel permet aux compagnies low-cost, comme Ryanair ou easyJet, d’afficher des tarifs dérisoires, parfois inférieurs aux taxes d’aéroport elles-mêmes.
À cela s’ajoute une billetterie fragmentée : sur 40 % des trajets transfrontaliers, il est impossible d’acheter un billet unique, forçant les voyageurs à combiner deux titres – et donc deux tarifs. Madrid–Paris, par exemple, nécessite un ticket espagnol puis un ticket français, ce qui renchérit automatiquement le prix du voyage.












