Le 25 août 2025, l’Unapei a tiré une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Selon l’association, la majorité des élèves handicapés n’ont pas accès à une scolarisation adaptée pour cette rentrée scolaire. En juillet 2025, 65 % d’entre eux n’avaient toujours pas de numéro INE, l’identifiant national élève indispensable au suivi administratif. Concrètement, des milliers d’enfants restent invisibles dans le système éducatif.
Rentrée scolaire 2025 : des chiffres invraisemblables
Sur le papier, la situation semble progresser. Environ 519 000 enfants handicapés étaient inscrits dans des classes ordinaires à la rentrée 2024, selon le ministère de l’Éducation nationale. Mais la réalité derrière ce chiffre est bien différente. Une enquête de l’Unapei révèle que 13 % des enfants concernés n’ont aucune heure de cours par semaine, 38 % ont moins de six heures, 30 % entre six et douze heures, et seulement 19 % plus de douze heures hebdomadaires.
Pour Sonia Ahehehinnou, vice-présidente de l’Unapei, « derrière ce nombre croissant d’enfants scolarisés, il y a une qualité d’accueil très variable, des solutions qui ne correspondent pas aux besoins ». Pendant ce temps, 4 410 enfants attendent encore une place en institut médico-éducatif (IME). De quoi transformer la rentrée scolaire en parcours du combattant pour leurs familles.
Invisibles dans les fichiers, absents des classes
L’autre problème est administratif. En juillet 2025, plus de 65 % des élèves handicapés n’avaient pas de numéro INE. Pas de numéro, pas de suivi, pas de visibilité. Officiellement, ces enfants n’existent pas dans les bases de l’Éducation nationale. Forcément, ils passent à côté d’une rentrée scolaire digne de ce nom.
Face à cette situation, des parents témoignent via la campagne #J’aiPasEcole, qui a déjà recueilli 998 récits sur marentree.org. Tous décrivent la même chose : des enfants obligés de rester à la maison. « 13 % d’enfants handicapés en France n’ont aucune heure de scolarisation par semaine » et « plus de **11 000 enfants, aujourd’hui, attendent une place en IME… dont 700 dans l’Hérault », alerte Élisabeth Lammers, vice-présidente nationale de l’Unapei.
Inclusion scolaire : l’écart abyssale entre promesses et réalité
Depuis 2017, l’État multiplie les annonces pour renforcer l’inclusion scolaire. Plus de 2 600 ULIS (unités localisées pour l’inclusion scolaire) ont été créées, portant le total à 10 990 dispositifs. Objectif initial : couvrir 93 % des besoins. Mais la réalité a vite rattrapé les ambitions. En 2023, 17 % des élèves de primaire et 22 % des collégiens et lycéens avec une notification ULIS n’ont pas trouvé de place. Résultat : l’objectif a été revu à la baisse, fixé à 85 % pour le primaire et 80 % pour le secondaire en 2025.
Et malgré tout, l’alerte revient chaque année. « Comme chaque année, des milliers d’enfants en situation de handicap restent privés de solution scolaire à la rentrée », regrette l’Unapei. En clair, la rentrée scolaire 2025 ne déroge pas à la règle : promesses d’inclusion d’un côté, familles livrées à elles-mêmes de l’autre.









