On les dit accros à leur téléphone, incapables de lâcher TikTok ou Instagram. Pourtant, les ados sont beaucoup plus lucides qu’on ne l’imagine. D’après un sondage Odoxa pour Acadomia, publié dans Le Parisien – Aujourd’hui en France, la moitié d’entre eux se dit prête à réduire son temps en ligne à seulement une heure par jour.
Réseaux sociaux : les ados, pas si « addicts » que ça
Les résultats surprennent : 76 % des collégiens et lycéens accepteraient même de supprimer un réseau social s’il les rend anxieux. Et 54 % iraient jusqu’à se limiter à une heure quotidienne. Un chiffre qui grimpe à 59 % chez les collégiens, plus disciplinés, mais tombe à 47 % chez les lycéens, forcément plus branchés.
Bref, les ados ne sont pas inconscients. Ils savent que passer trop de temps sur les applis peut nuire à leur bien-être. Certains vont même plus loin : 70 % seraient prêts à ne plus scroller après 21 h et à couper les notifications. Pas vraiment le portrait de zombies accrochés à leur écran.
Autre enseignement : 79 % des parents veulent interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Une position radicale… mais validée par une majorité de jeunes : 67 % jugent la mesure justifiée. Même chose à l’école : 8 parents sur 10 voudraient bannir le portable dans les établissements, et 59 % des ados sont d’accord.
Évidemment, les avis diffèrent selon l’âge. Les collégiens soutiennent un peu plus l’interdiction du téléphone (61 %), car ils y sont déjà restreints. Les lycéens, eux, valident davantage l’interdiction des réseaux avant 15 ans (74 %), une règle qui ne les concerne plus.
Des expériences négatives bien réelles
Si les ados sont aussi lucides, c’est parce qu’ils connaissent déjà les dérives. 46 % disent s’être sentis mal en se comparant aux autres, 35 % ont relayé de fausses infos, 29 % ont été contactés par des inconnus louches, et 18 % ont subi du harcèlement ou des insultes.
Les filles sont les plus touchées : plus de la moitié d’entre elles avouent un mal-être lié aux comparaisons (contre 41 % des garçons). Un quart regrettent déjà une publication (contre 20 % des garçons). Bref, le danger est identifié, et il pèse plus lourd sur les adolescentes.
Et les adultes dans tout ça ? Ils veulent montrer l’exemple : 78 % se disent prêts à réduire leur propre usage des réseaux sociaux pour inciter leurs enfants à faire pareil. Mais dans la pratique, seuls un tiers pensent que ce serait « très facile » à tenir. Un sur cinq avoue même que ce serait difficile, voire impossible.
Autrement dit, les parents exigent beaucoup… mais ne sont pas toujours capables de se restreindre eux-mêmes.









