Ils étaient les banquiers de l’Europe médiévale, détenteurs d’une richesse colossale qui inquiétait même les rois. Mais un matin d’octobre 1307, quand Philippe le Bel fait arrêter les Templiers, leur immense trésor a déjà disparu. Depuis plus de sept siècles, son sort demeure un mystère absolu.
Les Templiers ne furent pas seulement des moines soldats combattant en Terre sainte. Dès le XIIᵉ siècle, ils mirent en place un réseau financier inédit, couvrant toute l’Europe et le Moyen-Orient. Les pèlerins pouvaient déposer de l’argent dans une commanderie en France et le retirer à Jérusalem. Les rois d’Angleterre et de France y placèrent leurs trésors. L’ordre inventa ainsi des mécanismes proches du chèque ou de la lettre de crédit.
À leur apogée, au début du XIVᵉ siècle, la richesse des Templiers est immense : terres, châteaux, commanderies, mais surtout des coffres remplis d’or et d’argent. Quand Philippe le Bel décide de les anéantir, il espère s’emparer de ce pactole pour renflouer son royaume endetté. Mais le matin du vendredi 13 octobre 1307, quand ses hommes font irruption au Temple de Paris, ils ne trouvent rien. Les salles sont vides, les coffres ouverts.
Depuis, les hypothèses abondent. Certains estiment que l’or aurait été évacué par bateau sur la Seine, puis vers La Rochelle. D’autres parlent d’un transfert secret vers l’Écosse, refuge des Templiers en fuite. Quelques historiens suggèrent que l’essentiel de la fortune n’était pas en lingots, mais circulait déjà dans les comptes et prêts, invisibles pour l’époque.
Quoi qu’il en soit, le trésor a disparu sans laisser de trace. Ce mystère a nourri toutes sortes de légendes : trésor caché sous le sol de Jérusalem, fortune enfouie à Rennes-le-Château, butin fondateur des francs-maçons… Sans doute n’y a-t-il pas de réponse unique, mais une certitude : l’une des plus grandes fortunes de l’histoire s’est évanouie en une nuit, donnant naissance au mythe économique le plus persistant du Moyen Âge.









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