La santé mentale des médecins et des infirmiers européens est en péril. Selon le rapport publié le 10 octobre 2025 par l’OMS, environ un tiers des professionnels de santé présentent des symptômes de dépression ou d’anxiété. Cette proportion préoccupante, fondée sur plus de 90 000 réponses dans 29 pays, souligne l’ampleur d’un phénomène jusqu’ici sous-estimé et ses conséquences sur la qualité des soins.
Une enquête inédite révèle l’ampleur de la dépression
L’OMS qualifie cette étude de « la plus importante à ce jour » concernant la santé mentale des médecins et infirmiers. L’enquête a révélé que 32 % des médecins et 25 % des infirmiers sont sous contrats temporaires, une instabilité qui accroît l’anxiété face à la sécurité d’emploi, selon Euronews. Par ailleurs, un quart des médecins travaillent plus de 50 heures par semaine, un rythme qui accentue le risque de burnout et de symptômes dépressifs.
Le rapport souligne également la prévalence de la violence et du harcèlement au travail : un tiers des professionnels ont été confrontés à des menaces ou agressions, tandis que 10 % ont déclaré avoir subi une violence physique ou un harcèlement sexuel, selon le média. « Cette crise de santé mentale parmi nos personnels de santé est une crise de sécurité sanitaire », a averti Hans Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe, dont les propos sont rapportés par MedicalXpress. Ces chiffres traduisent une tension extrême dans les hôpitaux et cliniques, avec un impact direct sur la qualité des soins.
Dépression, anxiété et pensées suicidaires : un trio inquiétant
Selon l’étude, 10 % des professionnels de santé ont déclaré avoir eu des pensées suicidaires passives au cours de l’année écoulée. Ce chiffre, combiné aux symptômes dépressifs, révèle la gravité de la situation. Les médecins et infirmiers soumis à de longues heures de travail, à des horaires nocturnes ou à des situations de violence sont particulièrement exposés à ces risques.
Mélanie Debarre, interne en radiologie en France, confie à Euronews : « Nous sommes épuisés physiquement et mentalement, ce qui peut malheureusement parfois conduire à des erreurs médicales ». Cette fatigue psychologique et physique ne se limite pas aux individus : elle menace l’intégrité globale des systèmes de santé. L’OMS insiste sur la nécessité d’investir dans le soutien psychologique et la prévention pour éviter une crise majeure parmi les professionnels de santé.
Facteurs aggravants et recommandations de l’OMS
Plusieurs facteurs accentuent le risque de dépression chez les médecins et infirmiers. L’instabilité des contrats, les horaires excessifs, les violences au travail et le manque de personnel constituent des déclencheurs identifiés dans l’étude. En Europe, les sous-investissements chroniques dans les systèmes de santé limitent la capacité à offrir un soutien suffisant aux professionnels en détresse.
L’OMS recommande ainsi la mise en place de programmes de soutien psychologique, la réduction des horaires excessifs, et l’amélioration de la sécurité sur le lieu de travail. « La crise de santé mentale parmi nos professionnels de santé est une crise de sécurité sanitaire, menaçant l’intégrité de nos systèmes de santé », a rappelé Hans Kluge. La prévention de la dépression chez les médecins et infirmiers n’est donc pas seulement une priorité individuelle mais un enjeu stratégique pour l’ensemble de la santé publique.









