L’État malade de lui-même : pour en finir avec la politique politicienne

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L’État malade de lui-même : pour en finir avec la politique politicienne © www.nlto.fr

par Antoine Marcel

La France ne manque pas d’intelligence, mais de volonté. Chaque réforme tourne à la mascarade parce qu’on refuse de s’attaquer au vrai problème : la dépense publique. L’État se prétend stratège, il n’est plus qu’un gestionnaire inefficace. Ce pays n’a pas besoin de nouveaux impôts ni de grands discours, mais d’un gouvernement capable d’agir, de trancher et d’assumer.

La religion de l’État

La France s’est construite autour de l’État, et elle mourra sans doute avec lui. Chaque ministère protège son territoire, chaque direction défend ses privilèges, chaque fonctionnaire s’accroche à son pouvoir microscopique comme à un trône. Réformer devient une hérésie. On parle de modernisation, on crée des comités. On promet la simplification, on rédige des rapports. On annonce la transformation, on ajoute une couche de bureaucratie. L’État ne gouverne plus, il s’auto-entretient. Il ne produit plus d’action, seulement du texte. Cette machine se croit immortelle, mais elle étouffe le pays qu’elle prétend sauver. Tant qu’on n’aura pas le courage de dire que le privé peut mieux faire que le public, que la concurrence vaut mieux que le monopole, que la responsabilité vaut mieux que la dépendance, la France restera prisonnière de son mythe administratif.

Le prix de la vérité

Réformer, c’est trancher. Fermer des structures inutiles, supprimer des postes redondants, briser des rentes. Ce sera douloureux, mais c’est la seule voie sérieuse. Ceux qui prétendent gouverner doivent choisir : ou bien continuer à flatter les corporatismes, ou bien redonner souffle au pays. On ne reconstruit pas une nation en caressant ses faiblesses. La liberté, la responsabilité et la confiance dans l’initiative doivent redevenir les valeurs cardinales d’un État adulte. Car un pays qui a peur de la réforme finit par redouter la réalité. Aujourd’hui, la France nourrit un monstre administratif qui dévore son énergie, son argent et son avenir. Le véritable enjeu n’est pas de gérer la bureaucratie, mais de la réduire. Si ce gouvernement ne le comprend pas, alors la France continuera à parler de réformes tout en creusant sa propre tombe.

L’heure des choix

La France n’a pas besoin d’un gouvernement qui joue au tacticien politique et à l’arithmétique politicienne. Elle a besoin d’un exécutif qui fasse ce qu’il dit et qui dise ce qu’il fait. L’heure n’est plus aux tripatouilleries de la politique politicienne, mais à l’efficacité. Les réformes ne doivent plus être des exercices de communication, mais des décisions chiffrées, mesurées, assumées. Le vrai sujet n’est pas de trouver de nouveaux impôts, mais de couper dans la dépense publique. Augmenter la fiscalité serait une faute à triple titre : politique, morale et éthique. Politique, parce que ce serait trahir la promesse de redressement. Morale, parce que cela punirait ceux qui travaillent et créent la richesse du pays. Éthique, parce qu’un État incapable de se réformer n’a aucune légitimité à prélever davantage. Et pour le Premier ministre Sébastien Lecornu qui se prétend de droite, ou du moins de centre droit, choisir l’impôt plutôt que la réforme serait une trahison de ses convictions les plus élémentaires. Cela reviendrait à avouer qu’il n’en a plus.

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