par Antoine Marcel
On dit souvent que la France a la droite la plus bête du monde. C’est injuste. Elle n’est pas seulement bête, elle est suicidaire. À force de divisions, d’ego et de renoncements, elle a laissé le pays entre les mains d’un centrisme mou, sans conviction ni colonne vertébrale, qui se laisse dicter sa ligne par la gauche et ses réflexes pavloviens.
La droite éclatée : orgueil, mollesse et incohérence
Depuis Sarkozy, la droite n’a plus de cap. Plus de chef, plus de cohésion, plus de souffle. Elle s’est transformée en archipel de petites tribus incapables de parler d’une seule voix. Entre les mous obsédés par leur respectabilité et les durs tétanisés à l’idée d’assumer leurs positions, tout se délite. Wauquiez et Retailleau ont des convictions, mais pas de stratégie commune. Les autres préfèrent commenter que décider. Ils se battent dans une cabine téléphonique, persuadés d’incarner chacun la vraie droite. Le peuple, lui, regarde ailleurs. Car la droite a perdu sa voix, au sens propre comme au figuré. Elle ne sait plus parler aux Français. Elle ne sait plus incarner l’autorité, la stabilité, la compétence. Le pays réclame de l’ordre, de la sécurité, de la fermeté, mais la droite tremble à l’idée de passer pour “réac”. Fillon aurait gagné sans les affaires. La preuve : la France n’a pas peur de la droite, elle a peur de la droite molle, celle qui s’excuse d’exister. L’autre faiblesse, c’est l’orgueil. La droite refuse de parler à la droite nationale, comme si le simple fait de dialoguer avec le RN ou les zemmouristes la condamnait à l’excommunication. Résultat : un camp majoritaire dans le pays, mais minoritaire dans les urnes. À force de s’exclure entre “droite respectable” et “droite infréquentable”, ils ont transformé la victoire en mirage. Ils vont de défaites en déroutes, sans en tirer la moindre conséquence, paniqués à l’idée d’être traités de fascistes.
Résultat : les centristes herbivores sont au pouvoir
Et pendant qu’ils se déchirent, les centristes gouvernent. Pas les centristes brillants, non : les centristes herbivores. Ceux qui bêlent de bons sentiments, se contentent de slogans, et finissent toujours par se coucher devant la gauche pour éviter le conflit. Ils n’ont ni idées, ni courage, ni cap. Ils gouvernent à la petite semaine, obsédés par l’opinion, hantés par la peur d’un tweet, fascinés par les éditorialistes de gauche. Résultat : ce sont les socialistes, 3 % des voix !, qui imposent aujourd’hui des mesures idiotes et démagogues venant d’idéologues Polpotien. On leur doit déjà le probable retour de la taxe “Zuckman” en plus dur que celle proposée initialement en taxant tous les entrepreneurs qui ont réussi, le flou sur les retraites, les reculs permanents au nom du “dialogue social”. Le gouvernement Lecornu illustre ce naufrage. Les Républicains y avaient une place. Ils auraient pu peser. Ils ont préféré claquer la porte, au nom d’un principe d’honneur mal placé. Il suffisait d’imposer la démission de Bruno Le Maire pour affirmer une ligne claire. Ils ont choisi la fuite. Et aujourd’hui, la France se retrouve gouvernée par des centristes qui n’assument rien, tenus par des socialistes en fin de course, pendant que la droite regarde, consternée, sa propre impuissance.








