Le 13 octobre 2025, le comparateur Selectra publiait, en exclusivité pour RMC, une enquête sur la consommation réelle de données mobiles en France. Résultat : la majorité des abonnés paient pour des gigas inutilisés. Alors que plus de six forfaits sur dix incluent plus de 100 Go, la consommation moyenne plafonne à 16,6 Go par mois.
Abonnements mobiles : une surabondance de data qui fait grimper les factures
Selon RMC, « on utilise en moyenne que 10 % de la data incluse dans nos forfaits mobiles ». Pourtant, les opérateurs continuent d’afficher des offres à 100 Go, 200 Go voire 300 Go. Ce décalage entre l’offre et l’usage provoque un surcoût silencieux : chaque mois, des millions d’utilisateurs paient pour un service dont ils n’exploitent qu’une infime part.
L’étude de Selectra révèle en effet que la consommation moyenne atteint 16,6 Go, soit dix fois moins que ce que prévoient les forfaits standards. La data excédentaire coûte cher : selon les comparateurs, les offres illimitées ou 100 Go dépassent souvent 15 euros par mois, contre 7 euros environ pour un forfait 20 Go. À l’échelle d’un foyer de quatre personnes, la différence peut représenter plus de 400 euros par an.
L’ARCEP confirme la tendance : au deuxième trimestre 2025, la consommation moyenne de données mobiles s’élevait à 17,8 Go par carte SIM, soit une progression de 1,8 Go en un an. En revanche, le volume de data inclus dans les abonnements a augmenté beaucoup plus vite, alimentant un déséquilibre structurel entre usage réel et volume facturé. Ce décalage bénéficie directement aux opérateurs, qui valorisent la « tranquillité » plutôt que la pertinence tarifaire.
Le forfait illimité : un piège pour les abonnés
Cette spirale tarifaire repose sur une logique marketing bien rodée. Depuis l’arrivée de la 5G, la concurrence entre opérateurs s’est déplacée du prix vers la quantité de données mobiles. Avoir « trop » de gigas rassure les consommateurs, même si la consommation réelle ne justifie pas un tel volume. Cette abondance rassurante alimente pourtant une inflation déguisée : les forfaits généreux ont tendance à se maintenir au-delà du seuil des 10 € mensuels, quand les offres plus sobres restent en dessous.
Ce phénomène illustre la transformation du marché mobile en un produit d’assurance. L’utilisateur n’achète plus un volume utile de data, mais la certitude de ne jamais manquer d’internet. Pourtant, dans les faits, la majorité des utilisateurs se connectent davantage en Wi-Fi — à la maison, au travail ou dans les transports — réduisant leur consommation cellulaire. L’ARCEP, dans son rapport publié le 9 octobre 2025, observe d’ailleurs un ralentissement du trafic : la hausse annuelle du volume global de données mobiles n’est plus que de 12,3 %, contre plus de 20 % les années précédentes.
Des pratiques simples pour réduire le surcoût des forfaits
Réduire sa facture téléphonique sans sacrifier son confort numérique reste possible. D’abord, il convient d’évaluer sa consommation moyenne : tous les opérateurs proposent des outils précis dans leurs applications. Un abonné qui consomme moins de 20 Go par mois peut opter pour un forfait modéré à moins de 10 euros, sans craindre la coupure de connexion. Les offres intermédiaires de 30 à 50 Go suffisent déjà à un usage intensif des réseaux sociaux et du streaming musical.
Autre levier : privilégier le Wi-Fi. Les smartphones basculent automatiquement sur les réseaux fixes disponibles, évitant d’épuiser la data mobile. Couper les mises à jour automatiques et limiter le streaming vidéo en 4K permet aussi d’économiser plusieurs gigas par semaine. Enfin, pour les utilisateurs réguliers de vidéos courtes ou de navigation professionnelle, certains opérateurs proposent des abonnements flexibles — data ajustable ou rechargement à la demande — qui limitent le gaspillage et le surcoût mensuel.








