Pendant que l’Europe attire les entrepreneurs, la France les chasse

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Entrepreneur quittant la France | www.nlto.fr

Alors que la plupart des pays européens cherchent à attirer les investisseurs, la France s’isole à nouveau par idéologie. En taxant les holdings patrimoniales, le gouvernement frappe non pas les rentiers, mais les entrepreneurs, ces bâtisseurs qui ont pris des risques et créé de la valeur. À l’heure où l’Europe mise sur la stabilité fiscale, Paris choisit la sanction.

I. L’Europe mise sur l’attractivité
L’Italie, le Portugal et la Suisse ont compris une chose essentielle : la richesse se crée là où elle est respectée. L’Italie a instauré en 2017 un forfait fiscal de 100 000 euros sur les revenus étrangers pour les nouveaux résidents, porté à 200 000 euros par le gouvernement Meloni, mais valable quinze ans. Résultat : des milliers de dirigeants, d’investisseurs et d’entrepreneurs européens s’y installent chaque année. Le Portugal, de son côté, poursuit une politique offensive : il accorde une exonération de 50 % sur les revenus d’activité pendant cinq ans à tout ancien résident qui revient s’installer. Ce dispositif, élargi en 2024, a déjà attiré plus de 37 000 contribuables depuis 2019. La Suisse, elle, reste fidèle à sa doctrine : stabilité juridique, fiscalité modérée, liberté patrimoniale. Les cantons rivalisent d’attractivité, les règles sont claires, et nul n’y songe à réécrire la loi chaque printemps budgétaire. Résultat : ces pays attirent les talents, les investissements, les sièges d’entreprises. Ils ont compris qu’en économie moderne, la stabilité fiscale est un avantage stratégique. À l’inverse, la France continue de traiter la richesse comme un problème, non comme une ressource.

II. La France, seule à taxer la réussite
Sous couvert de “justice sociale”, Paris vient d’inventer une contribution sur les holdings patrimoniales. Officiellement, il s’agit de taxer les “grands rentiers”. En réalité, la mesure touche de plein fouet les entrepreneurs, c’est-à-dire ceux qui ont créé leur entreprise, investi, pris des risques et bâti des emplois. Ces holdings ne sont pas des outils d’évasion, mais des structures légales, encouragées pendant des décennies par l’État lui-même, pour favoriser la transmission et le réinvestissement des bénéfices. Désormais, ces sociétés seront frappées d’un prélèvement annuel de 2 % sur la valeur de leur patrimoine, y compris lorsqu’elles réinvestissent leurs gains. Autrement dit, on taxe le capital productif, celui qui crée de la croissance. Derrière le discours sur “les riches qui doivent contribuer davantage”, se cache une erreur économique majeure : confondre richesse dormante et richesse active. La première doit être encadrée, la seconde encouragée. La France fait l’inverse.

III. La jalousie fiscale, vieille maladie française
Cette décision révèle une fois de plus la vieille obsession française de la redistribution punitive. Dans notre pays, le riche n’est pas un modèle, il est un suspect. On préfère la morale à l’efficacité, l’égalitarisme à la prospérité. Depuis des décennies, on confond justice et nivellement. Il n’existe sans doute pas d’autre démocratie où le succès soit si mal vu. Mais cette logique démocratique du nombre devient dangereuse quand elle s’exerce contre les minorités productives. La majorité impose sa volonté fiscale à une minorité qui crée la richesse, au nom d’une morale égalitaire. C’est la dérive classique des démocraties fatiguées : le ressentiment remplace la raison.

IV. Instabilité, culpabilisation et exode
À cela s’ajoute l’instabilité permanente. L’État modifie les règles fiscales sans arrêt, détruisant la confiance et l’envie d’entreprendre. Comment investir sur dix ans quand les lois changent tous les deux ? Comment développer une entreprise quand le cadre juridique est mouvant ? Les dirigeants finissent par se lasser. Cette fatigue entrepreneuriale gagne les milieux économiques français : les entrepreneurs ont le sentiment d’être piégés dans un système qui les culpabilise au lieu de les encourager. Les Piketty et Zucman expliquent que partir, c’est trahir comme si la réussite individuelle devait être une dette envers la collectivité. Ce discours moraliste, déjà entendu dans les régimes collectivistes du XXe siècle, devient aujourd’hui l’argument d’une nouvelle forme d’aliénation fiscale. Comme jadis les régimes fermés d’Europe de l’Est comme la RDA, on reproche à ceux qui s’en vont d’avoir “profité” de la République. Ce discours liberticide, sous des dehors moraux, rappelle une époque où quitter son pays était un délit d’opinion.

V. Le prix du déclin
Partout ailleurs, les États accueillent les investisseurs que la France rejette. Chaque départ est une perte sèche : moins d’emplois, moins d’investissements, moins de croissance. Et quand les meilleurs s’en vont, le pays s’appauvrit. La fiscalité punitive n’est pas un outil de justice, c’est un mécanisme de découragement collectif. La France finira par en payer le prix : celui du déclassement.

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