Le 14 octobre 2025, le gouvernement a confirmé son intention d’introduire une taxe spécifique sur les liquides de vapotage, dans le cadre du projet de loi de finances 2026. Selon BFM TV, cette mesure fixerait un prélèvement de 30 à 50 centimes par flacon de 10 ml, selon la teneur en nicotine. Une décision qui vise à rapprocher la fiscalité du vapotage de celle du tabac.
Cigarette électronique : une nouvelle taxe justifiée par la santé publique
Cette taxe s’appliquerait de manière progressive : 0,30 euro pour les liquides contenant moins de 15 mg/ml de nicotine et 0,50 euro pour ceux au-delà, selon Le Figaro. L’objectif annoncé par le gouvernement est double. D’une part, renforcer la cohérence entre les différents produits liés à la nicotine ; d’autre part, dissuader les usages les plus dépendants.
Dans le projet de loi cité par Vaping Post, les produits du vapotage seraient désormais intégrés dans la catégorie fiscale des « produits à fumer » via un nouvel article du Code général des impôts. « La catégorie fiscale des produits du vapotage faiblement nicotinés comprend les produits pour lesquels la teneur du liquide en nicotine est comprise entre zéro et quinze milligrammes par millilitre ».
Selon le ministère de la Santé, cette mesure s’inscrit dans une logique de prévention, à la suite de l’interdiction des puffs jetables en février 2025. Elle vise à limiter la banalisation de la vape chez les jeunes, tout en incitant les utilisateurs réguliers à une consommation plus mesurée.
Taxe sur les liquides : un impact sur le budget des vapoteurs
Pour un vapoteur consommant environ 60 ml par mois, cette taxe représenterait un surcoût mensuel de 1,80 à 3 euros, soit 21 à 36 euros par an, selon les estimations tirées du projet budgétaire. Si ce montant reste inférieur à la fiscalité appliquée aux cigarettes traditionnelles, il s’ajoute à un contexte général de hausse des prix affectant déjà la consommation des ménages.
Le gouvernement table sur une recette annuelle comprise entre 150 et 200 millions d’euros, afin de financer des programmes de prévention du tabagisme. Mais du côté des professionnels, l’inquiétude grandit. Les associations de vapoteurs craignent que la hausse des prix pousse certains utilisateurs vers des produits du marché noir ou vers le tabac, dont la fiscalité plus lourde est déjà dissuasive.
Une mesure transitoire avant une directive européenne
L’exécutif présente cette taxe comme une étape préparatoire à une harmonisation européenne. En effet, la Commission européenne travaille sur une directive qui établirait un barème fiscal commun compris entre 1,20 et 3,60 euros par flacon de 10 ml, à compter de 2028. D’ici là, la France souhaite anticiper cette réforme, tout en limitant son impact sur le pouvoir d’achat. Le texte prévoit une mise en œuvre au second semestre 2026, après examen parlementaire.
Cette anticipation pourrait éviter des ajustements trop brusques lors de l’entrée en vigueur du futur cadre communautaire. Elle permet aussi de préparer les acteurs économiques, notamment les boutiques spécialisées, qui devront obtenir un agrément fiscal pour continuer leur activité. À l’échelle européenne, plusieurs pays appliquent déjà des taxes similaires : 0,13 €/ml en Italie et 0,12 €/ml en Allemagne, soit un niveau trois à quatre fois supérieur à celui envisagé par la France.








