Donald Trump veut sa salle de bal à la Maison-Blanche… et il la veut hier

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La maison blanche | www.nlto.fr

Donald Trump n’a jamais eu peur de voir les choses en grand. L’or, le marbre, les colonnes, les drapeaux, les majordomes en gants blancs : tout cela fait partie de sa conception de la démocratie. Alors, quand il a réalisé que la Maison-Blanche n’avait pas de salle de bal digne de ce nom, il n’a pas hésité : il en fera construire une. Pas un petit salon pour trinquer avec le corps diplomatique, non une vraie salle, immense, étincelante, où 900 invités pourront danser le Fox-trot sous des lustres plus lourds que la dette publique américaine.

Le président, version architecte d’intérieur

D’après le Denver Post, les plans sont déjà prêts : 8 000 m², un budget de 200 millions de dollars (payés, bien sûr, par lui-même et quelques « amis » généreux), et un objectif simple : transformer la Maison-Blanche en Mar-a-Lago sur Potomac. L’aile Est, actuellement dédiée à la Première dame, devrait être repensée, ou plutôt effacée, pour faire place à la vision du président-bâtisseur. Interrogé sur l’ambition du projet, Trump a répondu avec modestie : « Ils en parlent depuis 150 ans. Moi, je le fais. » Il n’a pas précisé si, dans le « ils », il incluait George Washington, Abraham Lincoln ou Louis XIV.

Quand Versailles rencontre Palm Beach

Le style annoncé ? Un néoclassique « revisité », c’est-à-dire du Louis XVI avec un accent floridien. Dorures, colonnes, fresques, et tapisseries dignes des hôtels de Dubaï. Exit les tentes blanches un peu tristes sur la pelouse : le président, traumatisé par les réceptions sous bâche, veut du faste permanent. « Ce n’est pas très élégant », a-t-il confié, avant d’ajouter qu’une vraie démocratie méritait des rideaux en velours. On imagine déjà le premier dîner d’État : violons, feux d’artifice, tapis rouge de 50 mètres, et peut-être, qui sait, un plafond ouvrant sur le ciel pour faire entrer les hélicoptères.

Une Maison-Blanche à son image

On aurait tort de voir dans ce projet un simple caprice. Il s’agit d’une vision du monde. Dans l’univers trumpien, la grandeur n’est pas une option, c’est une politique publique. La salle de bal n’est pas qu’un lieu de fête : c’est un manifeste. Chaque moulure dit la victoire du goût présidentiel sur la tiédeur bureaucratique, chaque lustre proclame que l’Amérique redevient « great » — au moins sur le plan décoratif. Les défenseurs du patrimoine s’inquiètent ? Les institutions protestent ? Qu’importe : Trump a toujours préféré l’esthétique du triomphe à celle du consensus.

La République du miroir

Au fond, la salle de bal est un symbole parfait de sa présidence : un espace immense, brillant, bruyant, où tout le monde est invité, mais où la lumière ne se reflète que sur une seule personne. L’idée d’un « People’s House » ? Très bien, mais avec un peu plus de doré, un plafond plus haut, et des colonnes qui disent au monde que le pouvoir, c’est d’abord une question de mise en scène.

Sous Donald Trump, la Maison-Blanche n’est plus une résidence présidentielle : c’est un décor. Et dans ce décor, l’histoire, la politique et la diplomatie ont trouvé leur maître de cérémonie. Après tout, Napoléon avait son palais des Tuileries, Louis XIV son château de Versailles. Trump, lui, aura sa salle de bal et peut-être un jour, qui sait, sa statue dans le hall. En or massif, évidemment.

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