Réélu largement lors des législatives de mi-mandat, Javier Milei engage la deuxième phase de sa stratégie économique. Alors que beaucoup annonçaient le chaos, les premiers résultats sont désormais mesurables : inflation en forte décrue, pauvreté en recul. La thérapie libérale fonctionne-t-elle ?
Un succès électoral qui valide sa stratégie
Les Argentins ont renouvelé avec vigueur leur confiance envers Javier Milei lors des législatives d’octobre 2025. Cette victoire, très politique, signifie que le pays accepte la continuité du choc économique entrepris en décembre 2023. L’Argentine, alors criblée de dettes et minée par une inflation incontrôlée, n’avait plus d’alternative crédible : il fallait agir vite et fort. La réélection de Milei vient entériner que le cap, même difficile, semble le bon aux yeux d’une majorité.
La politique d’afuera : couper tout ce qui n’est pas vital
Milei a appliqué un principe simple : “afuera”. Autrement dit : tout ce qui n’est pas indispensable à la mission essentielle de l’État doit disparaître. Subventions inefficaces, organismes administratifs redondants, niches clientélistes, bureaucratie paralysante : afuera. Le président argentin revendique une philosophie du nécessaire plutôt que du dispersé. Cette méthode a entraîné une réduction massive des dépenses publiques et une restauration de la crédibilité budgétaire. Certains y ont vu de la brutalité, d’autres le retour au bon sens : l’État doit d’abord faire correctement ce qui est essentiel avant de financer l’accessoire.
Une reprise visible : les chiffres parlent
Contrairement à la narration souvent répétée, la pauvreté n’a pas continué à augmenter. Elle a certes grimpé au début du mandat, le temps que les ajustements macroéconomiques produisent leurs effets, mais elle a rapidement refléchi la stabilisation : après un pic autour de 53 % au premier semestre 2024, le taux est redescendu à environ 38 % à la fin de la même année. La trajectoire est donc désormais orientée à la baisse. L’inflation, qui dévorait les salaires, a fortement chuté : plusieurs mois à environ 2 % en 2025, contre des niveaux explosifs auparavant. Les marchés remontent la tête, les réserves de la Banque centrale se reforment, la confiance revient. Les électeurs l’ont compris : la méthode Milei porte déjà ses fruits.
Une leçon utile pour la France ?
La France partage un point commun avec l’Argentine d’avant Milei : un niveau d’endettement public élevé, une dépense publique hypertrophiée et une croissance essoufflée. La question devient alors politique : faut-il, chez nous aussi, remettre l’État au régime ? Oser dire “afuera” à toutes les dépenses qui n’ont rien de régalien ni d’essentiel ? Accepter une période d’efforts pour retrouver, demain, une économie qui respire ? L’Argentine prouve que la voie libérale peut fonctionner lorsque l’on assume l’effort avec clarté et qu’on en garantit le cap. Rien n’est encore totalement gagné pour Buenos Aires, mais une dynamique favorable est enclenchée. À Paris, le débat ne fait que commencer.








