La République ne peut pas prétendre défendre l’égalité des chances tout en tolérant l’injustice de la naissance. Hériter, c’est bénéficier d’un privilège sans cause. Dans une société attachée à la justice fiscale, le patrimoine ne devrait pas se transmettre : elle devrait revenir à la collectivité. L’interdiction pure et simple de l’héritage et la limitation drastique des dons constitue aujourd’hui la seule réforme cohérente avec les valeurs d’égalité et de solidarité. C’est un impératif de justice fiscale.
L’injustice fondamentale de l’héritage
Dans la France contemporaine, la richesse n’est plus le fruit du travail mais de la filiation. Selon Le Monde, « la fortune héritée représente désormais 60 % du patrimoine total » (contre 35 % dans les années 1970). En d’autres termes, la majorité du capital détenu aujourd’hui ne vient pas de l’effort mais du hasard de la naissance. L’INSEE confirme cette fracture : le patrimoine moyen des ménages ayant hérité atteint 355 000 €, contre 239 900 € pour l’ensemble des ménages. Ce fossé n’a rien d’un détail : il conditionne les trajectoires, l’accès au logement, à l’éducation, à la santé ou à l’entrepreneuriat. Imaginez commencer votre vie avec 100 000 euros légués par vos parents. C’est injuste par rapport à celui qui ne reçoit rien. L’héritage est devenu la matrice de toutes les inégalités. Comme le disait Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale : « On ne peut pas défendre l’égalité des chances et continuer à sanctuariser l’héritage. » Ce constat n’est pas idéologique ; il est républicain. La justice fiscale ne peut exister que si chaque individu commence sa vie sans privilège transmis.
Interdire l’héritage pour rétablir la justice fiscale
Il faut aller au bout de la logique : interdire toute forme de transmission patrimoniale. Non pas l’encadrer, mais la proscrire. Car tant que l’on pourra léguer ou donner, l’inégalité se perpétuera. Concrètement, cela suppose :
– L’interdiction des successions : au décès, l’ensemble du patrimoine immobilier, financier, professionnel serait automatiquement transféré à un fonds public.
– La limitation des dons entre vivants : un plafond strict de 20 000 € par personne, sur l’ensemble d’une vie, permettrait de conserver une dimension humaine sans recréer de rente.
– La nationalisation successorale : les biens saisis seraient versés à un fonds souverain public géré par la Bpifrance, destiné à financer l’État-providence, la recherche, l’innovation, la transition écologique et les PME.
C’est ce que Gabriel Zucman appelle la « justice fiscale réelle » : un système où le capital hérité, au lieu d’alimenter la concentration des richesses, deviendrait un moteur de redistribution et d’investissement collectif.
Une révolution de l’égalité
Cette réforme aurait deux vertus cardinales. D’abord, elle effacerait l’injustice de naissance. Chaque citoyen commencerait sa vie dans les mêmes conditions matérielles, avec les mêmes chances. La richesse ne serait plus héréditaire, mais sociale, fondée sur l’effort, la créativité, le travail. Ensuite, elle donnerait les moyens à l’État-Providence de se renforcer considérablement. Si les patrimoines les plus élevés, ceux des 10 % les plus riches représentant plus de 50 % du patrimoine total, étaient intégrés à ce fonds, la France disposerait du plus grand fonds souverain d’Europe. Imaginez un instant que les fortunes de Bernard Arnault, François Pinault ou Vincent Bolloré soient versées à la collectivité : nous disposerions d’un levier d’investissement public inégalé, capable de financer durablement nos services publics et notre indépendance industrielle. Ce n’est pas une utopie : c’est une exigence morale. Entre l’égoïsme de transmettre, quel que soit la taille du patrimoine, et l’altruisme de partager, la République doit choisir. Interdire l’héritage, ce n’est pas punir la réussite ; c’est redonner un sens à la justice fiscale et à la solidarité nationale.









Analyse totalement nulle de jaloux !
Injustice de naissance ! Comment parler de justice dans la naissance. C’est un fait qui ne peut être contrarié. Ineptie qui voudrait que nous soyons dans une société Marxiste. Vous faites de l’exception, telle que les têtes couronnées, une généralité.
Si des parents se sont saignés et ont travaillé dur sans profiter de leur vie pour laisser quelque chose à leurs enfants, alors d’après vous on devrait confisquer leurs biens pour le donner à des gens qui n’ont pas travaillés. Comme d’habitude, la cigale veut profiter de la fourmi !
Bougez vous et aller bosser ! La rémunération et le patrimoine viendra avec.