Et si, finalement, la dissolution profitait à Emmanuel Macron ?

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Dans un paysage politique devenu illisible, où chaque camp se discrédite un peu plus chaque semaine, une question surgit presque malgré elle : et si Emmanuel Macron, que beaucoup pensaient politiquement mort, était en train de devenir, par contraste, le symbole de la stabilité perdue ?

Un champ de bataille où tout le monde se brûle
La dissolution, qu’on avait décrite comme une erreur stratégique majeure, a ouvert une séquence politique d’une confusion rare. Le Rassemblement National, longtemps perçu comme une force d’opposition disciplinée, révèle une double image : autoritaire dans le style mais fourre-tout dans la doctrine, parfois plus proche d’un programme socialo-dépensier que d’une alternative de gouvernement. La droite classique, elle, agonise dans une mollesse affligeante, prête à toutes les contorsions pour sauver ses sièges, incapable de définir une ligne cohérente, encore moins une vision. À gauche, le tableau n’est guère plus reluisant : le Parti Socialiste réduit son horizon politique à la taxe Zucman, mesure punitive sans architecture idéologique, pendant que La France insoumise rejoue sa chorégraphie habituelle d’hystérie parlementaire entre gesticulations et slogans. Quant au Modem, jadis force d’équilibre raisonnable, il valide tranquillement un nouvel impôt sur la fortune, comme si son rôle consistait désormais à ajouter du combustible à l’incendie fiscal. Résultat : un brouhaha permanent, des positions qui s’annulent, une absence totale de cohérence. Les Français, eux, n’entendent plus rien sinon la confirmation que plus aucun parti ne paraît capable de gouverner.

Une France inquiète, lassée et en quête de stabilité
Derrière le tumulte parlementaire, la réalité sociale est simple : les Français sont fatigués. Fatigués des colères permanentes, fatigués des députés qui transforment l’Assemblée en théâtre, fatigués des « mesures d’urgence » votées dans tous les sens. Dans le même temps, les taxes pleuvent : hausse de la CSG qui frappera tous les épargnants, hausse de TVA sur les produits transformés, contributions nouvelles sur le patrimoine, signaux fiscaux brouillons envoyés sans stratégie d’ensemble. Une large partie du pays ne sait plus où elle va, ni ce que la semaine prochaine lui réservera. Et face à cette incertitude généralisée, un réflexe bien connu resurgit : celui de la continuité. Beaucoup de Français, même ceux qui n’appréciaient pas spécialement la macronie, se surprennent à penser que « finalement, c’était peut-être mieux avant ». Avant les hurlements. Avant l’instabilité parlementaire. Avant le vacarme idéologique. Quand il existait encore un cap identifiable, contestable, critiquable, mais réel.

Et si 2027 se jouait autrement que prévu ?
Il faut désormais poser une question qui semblait impensable il y a six mois : la dissolution n’est-elle pas en train de revaloriser, mécaniquement, l’image du camp macroniste ? Certes, le groupe Renaissance paraît paralysé, Sébastien Lecornu invisible, et beaucoup de ministres effacés. Mais si cette retenue était stratégique ? Dans une arène où tous les autres partis se ridiculisent, ne rien dire peut devenir un atout politique. Laisser les autres se consumer dans leurs excès pour mieux revenir en professant l’ordre, la mesure, la rationalité : cela ressemble à une tactique connue de la macronie. Et dans un an et demi, lorsque viendront les présidentielles, quel camp apparaîtra comme le plus sérieux face à une France inquiète ? Un RN trop social-démocrate pour rassurer la droite, trop identitaire pour séduire le centre ? Une gauche obsédée par l’impôt plutôt que par l’avenir ? Une droite vidée de substance ? Dans ce chaos, le parti macroniste pourrait paradoxalement incarner la stabilité et le raisonnable, valeur numéro un recherchée par les électeurs en période de tempêtes politiques. La dissolution, présentée comme une catastrophe, pourrait alors devenir le tremplin inattendu d’un retour. Et l’on peut envisager, sans ironie, cette hypothèse : et si, en 2027, les macronistes revenaient ?

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