Il faut reconnaître une chose aux mairies écologistes : leur imagination est sans limite. Sauf quand il s’agit d’imaginer… un sapin de Noël. Là, soudain, c’est panique à bord, branle-bas de combat, comité d’éthique, bilan carbone, charte de la laïcité, cellule de crise. On dirait qu’ils s’apprêtent à lancer une opération du GIGN plutôt qu’à installer trois guirlandes. Au nom du climat, de l’égalité, de la laïcité, de la déconstruction culturelle et parfois même de la “sobriété festive” (expression réelle, hélas), certaines municipalités se donnent pour mission sacrée de neutraliser Noël. Depuis des années, elles traquent la crèche comme d’autres traquent le grand banditisme, elles considèrent le sapin comme un acte d’agression écologique, et elles regardent les guirlandes lumineuses comme si elles étaient personnellement responsables de la fonte de la banquise.
Nantes, capitale mondiale du Noël sous perfusion idéologique
À Nantes, c’est devenu un cas d’école. D’après ce que rapporte Le Figaro, Noël serait presque devenu un mot interdit, un tabou linguistique, une provocation culturelle, un privilège patriarcal du calendrier. On n’ose plus dire “Joyeux Noël”, on dit “Bon solstice d’hiver inclusif, sobre et responsable”. Même les enfants n’y comprennent plus rien. La mairie a donc remplacé les décorations traditionnelles, celles que les habitants aiment, celles qui créent l’ambiance, celles qui coûtent moins cher qu’un séminaire municipal, par des installations “artistiques”, “contemporaines”, “immersives”, bref : des trucs en LED qui ressemblent à des test de Rorschach lumineux. C’est simple : à Nantes, l’esprit de Noël a été remplacé par l’esprit de la commission municipale qui considère que le Père Noël est trop sexué, pas assez non binaire, la crèche, trop catholique, le sapin, coupé dans une forêt donc avec un impact Carbonne, les guirlandes, trop énergivores, le marché de Noël, trop chaleureux donc suspect.
La crèche de Noël : l’objet culturel le plus dangereux de France
Pendant ce temps, sur tout le territoire, la crèche municipale continue de provoquer plus de contentieux administratifs qu’un plan local d’urbanisme. Grâce à la jurisprudence du Conseil d’État, la France est devenue le seul pays au monde où il faut 15 pages de droit public pour décider si un santon a sa place dans un hall de mairie. Les élus écologistes, eux, ont tranché :
La crèche ? Non.Trop identitaire.Trop symbolique.Trop chrétienne.Trop culturelle.Trop joyeuse, peut-être. En revanche, on peut installer sur la même place une sculpture en acier recyclé représentant “la diversité cosmique végétale” pour 80 000 euros. Là, aucun problème : la laïcité y survit miraculeusement ou un plug anal géant sur la place Vendôme au nom de l’art.
La mairie écolo moderne : un endroit où l’on sauve la planète mais où on tue la joie
Le vrai génie des mairies écologistes, c’est qu’elles parviennent à transformer chaque plaisir en faute morale. Vous êtes coupable quoi que vous fassiez à noël. Tu veux un sapin ? Culpabilité climatique. Tu veux une crèche ? Culpabilité laïque. Tu veux des guirlandes ? Culpabilité énergétique.Tu veux un marché de Noël ? Culpabilité consumériste.Tu veux juste que ta ville ressemble un peu à Noël ? Culpabilité réactionnaire. À ce rythme, bientôt, les mairies distribueront des amendes symboliques à chaque citoyen surpris en train de sourire en décembre.
Malgré tous les efforts déployés par certaines municipalités, Noël revient toujours. Une fête plus résistante qu’un panneau photovoltaïque sous la pluie. Les écologistes peuvent bien remplacer le sapin par une sculpture conceptuelle, interdire la crèche au nom du droit administratif , rebaptiser le marché de Noël “Village d’Hiver Responsable”, et éteindre les guirlandes au nom de la planète : rien n’y fait. Noël revient. Parce que Noël est d’abord un évènement populaire bien français (ou lala n’est-ce pas fascistes de dire ça ?). Il ne sert à rien d’éteindre les guirlandes alors que ce sont les délires de ces maires qu’il faudrait débrancher.









