Interdire le thermique en 2035 : chronique d’une irresponsabilité politique majeure

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Interdire le thermique en 2035 : chronique d’une irresponsabilité politique majeure © www.nlto.fr

L’Union européenne vient d’admettre ce que tout le monde savait depuis le début : l’interdiction totale des véhicules thermiques en 2035 était intenable. Bruxelles renonce au 100 % zéro émission et recule vers un objectif assoupli de –90 % de CO₂, en réautorisant, sous conditions, des véhicules thermiques et hybrides. Présenté comme un simple « ajustement technique », ce revirement est en réalité l’aveu tardif d’une faute politique majeure. Car cette interdiction n’était ni une politique écologique sérieuse, ni une stratégie industrielle, ni une mesure socialement responsable. C’était une décision idéologique, incantatoire et démagogique, prise contre toute réalité économique et sociale. Aujourd’hui, le même personnel politique qui a voté cette folie recule, bricole et « adapte »  non par lucidité, mais parce que le réel, brutalement, se rappelle à lui.

Une décision techniquement intenable dès le départ

Tout le monde le savait. Absolument tout le monde. Les constructeurs automobiles l’ont dit. Les équipementiers l’ont répété. Les ingénieurs l’ont démontré. Les filières industrielles l’ont documenté. L’interdiction totale du thermique en 2035 n’était pas tenable techniquement. Les chaînes de production européennes ne peuvent pas basculer intégralement vers l’électrique dans ces délais sans casse industrielle majeure. Les capacités de production de batteries sont insuffisantes. L’approvisionnement en matières premières stratégiques est incertain, dépendant de pays tiers, souvent non démocratiques. Les infrastructures de recharge ne suivent pas. Les réseaux électriques ne sont pas dimensionnés pour absorber un parc entièrement électrique. Malgré cela, on a voté. Pourquoi ? Parce que l’urgence médiatique a remplacé l’analyse rationnelle, et que la communication a pris le pas sur la compétence.

Une violence sociale déguisée en vertu écologique

Interdire le véhicule thermique, c’est interdire l’accès à la mobilité à des millions de personnes. C’est une réalité brutale, concrète, quotidienne. Un jeune qui entre sur le marché du travail, un salarié précaire, un ouvrier, un employé à revenu modeste, ne peut pas acheter une voiture électrique. Même avec des aides. Même avec des primes. Le prix d’entrée reste hors de portée. Et ces aides, de toute façon, sont financées par des États déjà surendettés, au bord de la rupture budgétaire. La mobilité n’est pas un luxe. C’est une condition pour travailler, se soigner, vivre hors des centres urbains. Interdire le thermique, c’est condamner les classes populaires à l’immobilité, ou à une dépendance totale à des dispositifs publics qui n’ont plus les moyens d’exister. C’est une politique profondément antisociale, menée au nom d’une morale abstraite par des décideurs qui, eux, n’ont jamais eu à choisir entre se déplacer et boucler leur fin de mois.

Un sabotage méthodique de l’industrie automobile européenne

L’automobile, ce sont des millions d’emplois directs et indirects en Europe. Des ouvriers. Des techniciens. Des ingénieurs. Des sous-traitants. Des territoires entiers structurés autour de cette industrie. En imposant une transition forcée, rapide, non maîtrisée, on pousse l’industrie européenne dans le mur, tout en ouvrant grand la porte aux constructeurs chinois, qui produisent déjà des véhicules électriques à bas coût, avec une chaîne de valeur intégrée, soutenue par un État stratège.

Résultat parfaitement prévisible :
– des usines qui ferment,
– des ouvriers au chômage,
– des compétences détruites,
– des recettes fiscales en moins,
– une dépendance industrielle accrue.

Et tout cela pour quoi ? Pour afficher une vertu climatique qui ne change quasiment rien aux émissions mondiales, pendant que d’autres pays continuent à polluer massivement sans aucune contrainte comparable.

Une écologie incantatoire, déconnectée du réel

Le cœur du scandale est là. On confond urgence et précipitation. On transforme une question complexe en slogan. On remplace la stratégie par l’émotion. On gouverne à coups de symboles. L’Europe se donne bonne conscience en se tirant une balle dans le pied. Elle impose à ses citoyens et à ses entreprises des contraintes que le reste du monde ne s’impose pas. L’impact climatique global est marginal. L’impact économique, lui, est massif. Ce n’est pas de l’écologie. C’est du moralisme politique, nourri par la peur d’affronter des lobbies écologistes extrêmement puissants en matière de communication, capables de faire passer toute critique pour un crime contre la planète. Par lâcheté électorale, par démagogie, par incapacité à tenir un discours de vérité, la classe politique préfère sacrifier l’intérêt général plutôt que d’assumer un débat rationnel.

Une image déplorable de la décision publique

Cette affaire donne une image catastrophique du pouvoir politique européen. Des décisions prises sur un coup de tête idéologique. Des votes sans étude d’impact sérieuse. Des objectifs irréalistes. Puis, quelques années plus tard, des reculs, des exceptions, des ajustements honteux. C’est exactement ce que les citoyens reprochent à leurs dirigeants : l’amateurisme, l’irresponsabilité et l’absence totale de vision de long terme. On ne gouverne pas une économie, une industrie, une société sur la base de la peur, de l’émotion et des éléments de langage. On gouverne avec des faits, des chiffres, du temps long et du courage politique. Sur le dossier du thermique, tout cela a manqué. Et ce sont les citoyens européens qui en paieront le prix.

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