Le 19 février 2026, les chiffres du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure ont confirmé l’ampleur du phénomène. Les infractions enregistrées dans le champ numérique augmentent de 14 % en 2025 par rapport à 2024. Cette évolution, en effet, place les infractions numériques au cœur des préoccupations sécuritaires, alors même que les échanges commerciaux, administratifs et personnels se dématérialisent massivement.
Des infractions numériques qui pèsent désormais lourd dans les statistiques
En 2025, 453 200 crimes et délits liés au numérique ont été recensés, selon les chiffres relayés par Nice Matin. Ce volume illustre l’enracinement des infractions dans l’univers digital. Parmi ces faits, 280 500 relèvent d’atteintes aux biens et 146 900 d’atteintes à la personne. Autrement dit, les infractions numériques irriguent l’ensemble du spectre délictuel.
En parallèle, 17 600 infractions ont directement visé le fonctionnement d’outils numériques. Ces atteintes techniques montrent que les infractions ne concernent plus uniquement les utilisateurs, mais aussi les infrastructures. De plus, 100 700 personnes ont été mises en cause pour des infractions liées au numérique en 2025, dont 86 % de majeurs. Ainsi, les infractions numériques mobilisent une population large, ce qui confirme leur diffusion.
Notre Temps rappelle que « les infractions liées au numérique enregistrées par les services de sécurité ont augmenté de 14 % en 2025 par rapport à 2024 ».
Les infractions numériques, moteur des escroqueries et fraudes
La dynamique des infractions liées au numérique s’explique d’abord par la montée des escroqueries. Les 280 500 atteintes aux biens recensées en 2025 incluent de nombreuses fraudes aux moyens de paiement et arnaques en ligne. Or, à mesure que les transactions basculent vers le numérique, les infractions exploitent ces nouveaux canaux.
Selon Localtis, qui analyse les données du SSMSI en 2025, les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement progressent encore de 8 %, hausse « notamment portée par les infractions liées au numérique ». Dès lors, les infractions numériques ne sont pas un phénomène isolé. Elles alimentent directement l’augmentation globale des fraudes, notamment via le hameçonnage ou l’usurpation d’identité.
Dans le même temps, les 146 900 atteintes à la personne enregistrées en 2025 témoignent d’une exposition accrue des individus. Les infractions numériques incluent ici le cyberharcèlement ou la diffusion non consentie de contenus. Ainsi, la hausse des infractions traduit une vulnérabilité nouvelle, liée à l’omniprésence des plateformes numériques dans la vie quotidienne.
Une progression inscrite dans la durée
La hausse de 14 % des infractions liées au numérique en 2025 s’inscrit dans une trajectoire plus longue. Selon l’Insee, dans l’édition 2025 de « Économie et société à l’ère du numérique », le nombre d’infractions liées au numérique est passé de 160 600 en 2016 à 358 300 en 2023. Autrement dit, avant même l’augmentation constatée en 2025, les infractions avaient déjà plus que doublé en sept ans. Cette continuité révèle un phénomène structurel.
Par ailleurs, le Panorama de la cybermenace 2024 publié par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information fait état d’une augmentation de 15 % des événements de sécurité traités en 2024. Même si ces incidents ne recouvrent pas strictement toutes les infractions pénales, ils signalent une intensification des attaques numériques. En conséquence, la progression des infractions en 2025 apparaît cohérente avec la montée des menaces identifiées par les autorités spécialisées.
Ainsi, les infractions liées au numérique s’installent durablement dans le paysage délictuel. D’un côté, la digitalisation soutient l’activité économique. De l’autre, elle crée un environnement propice à des infractions rapides, dématérialisées et souvent difficiles à tracer.








